‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 12 sur 246 · LIVRE T1. — CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

LIVRE T1. — CHAPITRE Ier

en France, à la prière d'Astolphe, pour traverser les desseins de son frère dans rassemblée des grands qui , selon la coutume (1) , devait décider de la guerre ou de la paix. Cette assemblée se tint à Grécy. Carloman y parla avec force en faveur du roi des Lombards. Tout ce qu'il obtint, c'est qu'on aurait recours une fois encore à la voie des négociations ; mais ce dernier moyen resta sans effet, Pépin exigeant toujours que Ravenne et les autres places de l'exarchat fussent évacauées pr les Lombards , et qu' Astolphe promît de ne plus attenter à l'indépendance de Rome. Tout espoir d'accommodement étant perdu, on se prépare de part et d'autre à la guerre.

Mais au moment de prendre les armes pour les intérêts de Rome , Pépin juge que le temps est venu de mettre à profit la présence d'un pontife romain à sa cour. Les services qu'Etienne attend de son concours lui sont un sûr garant de l'empressement du pape à reconnaître sa légitimité et à rehausser l'éclat de sa couronne. Cette couronne pesait à Pépin parce qu'elle ne lui était pas venue par le droit de sa naissance ; l'immense gloire de son père, ses propres ex-

(1) ÀNQUETIL, Hisi. de France , T. Ier, pag. %%\ et 362.

ploits , le vœu des grands et du peuple , Tassentiment de Zacharie enveloppé de mystérieuses réticences, ne semblaient pas à ce prince justifier assez son avènement au trône; il lui fallait une plus puissante et plus solennelle sanction, il voulait être sacré par les mains mêmes du chef de la chrétienté , et voir sa domination ratifiée par les seigneurs Francs en présence du pontife. Combien d'inquiétudes assiègent un trône fondé soit par la violence , soit même par la gloire en l'absence du droit ! La violence s'énerve d'ellemême par ses excès et n'a qu'un temps ; le prestige de la gloire est personnel et passager comme l'amour et la faveur des peuples ; la force du droit seule est permanente. Etienne sacra Pépin et la reine Bertrade le 28 juillet de Fannée 754. Mais l'onction sainte sur sa tête et sur celle de sa femme ne paraît pas encore à Pépin une garantie suffisante pour sa postérité; le prince obtient que ses fils Carloman et Charles , dont le baptême a été différé jusqu'alors, seraient baptisés et couronnés des mains du Saint-Père. Pour s'assurer mieux encore l'appui du roi et de ses fils, Etienne confère en outre à ces trois princes le titre de patrices des Romains (1).

(1) « Le droit de créer un patrice des Romains, b dit

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