‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 13 sur 246 · LIVRE Ier. CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

LIVRE Ier. CHAPITRE Ier

On le voit : le pape comble l'attente de Pépin. C'est au delà des Alpes que Pépin doit payer sa dette de reconnaissance envers le Saint-Siège. Ce prince passe bientôt en Italie : la victoire y suit ses drapeaux. Àstolphe, dont les troupes n'ont pu résister au choc impétueux des Francs , se soumet aux demandes de Rome , qu'il a si long-temps repoussées, et promet, par serment, de ne plus molester ni l'Église ni ses dépendances. Pépin prend des otages et retourne dans ses États ; mais à peine les Francs se sont-ils retirés que les Lombards, au mépris des plus solennelles promesses, viennent de nouveau mettre le siège devant Rome , et commettent les plus graves excès autour de cette capitale.

L'éminence du danger dicta au pape Etienne cette épître fameuse que quelques écrivains trouvent ridicule et qui nous paraît habile, puisqu'elle émut ceux qu'on se proposait d'émouvoir. Comme toutes les lois humaines qui changent selon les temps , l'expérience ou les préjugés, les lois et les formes du langage ont leurs époques.

M. Sismondi , dans son Histoire des Répub. ital. (T. 1er ,

pag. 147), « n'appartenait pas plus au pape que celui de

transférer la couronne de France d'une maison à une autre. »

Cette lettre était pour le roi des Francs ; le pontife y évoquait saint Pierre 9 la vierge , les anges , les martyrs et les saints chéris du Très- Haut ; il y faisait parler chacun à son tour, et puis ensemble toutes ces puissances du ciel.

« Tenez pour certain , disait cette sainte co- » horte , que nous sommes ici aussi présents , » nos très chers fils, que si vous nous voyiez des » yeux du corps , vivant et agissant en chair » et os. »

Cette singulière éloquence produisit une impression profonde sur le roi Pépin et tous les seigneurs de sa cour.

Bientôt l'Italie voit de nouveau flotter la bannière de France. Astolphe est chassé de la Pentapole et de l'exarchat ; et Pépin, voulant enfin récompenser en roi celui qui , par l'onction sacrée, vient d'ajouter un nouveau lustre à sa couronne, fait une donation en forme de sa double conquête à Etienne et à tous les papes à perpétuité (1).

(1) Le roi fit signer cette donation par ses deux fils, par les principaux seigneurs et prélats de France.

L'exarchat , suivant le rapport de Sigonius , renfermait alors les villes de Ravcnne , Bologne , Imola , Faenza , For lion- P opo li , Forli 9 Cezena , Ferrare , Comacchio , Adrta , Servia et Sccchia ; toutes ces places furent mises au pouvoir du pape , excepté Ferrare et Faenza.

La Pentapolo ou marche dWncône comprenait Arimini,

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