‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 14 sur 246 · LIVRE Ier. CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

LIVRE Ier. CHAPITRE Ier

Trop absorbé par sa guerre acharnée contre les saintes images, pour prévenir l'envahissement d'une partie des domaines dont il se dit le

Pezaro 9 Conca , Fano , Sinigaglia , Ancône , Osimo , Umanciy aujourd'hui ruinée , Jesi, Fossombrone , Montefeltro, Urbino 9 le territoire de Balni, Cagli , Luccoli, Ugubio 9 avec tous les châteaux et les terres qui en dépendaient. Telle est la description qu'en donna plus tard Louisle-Débonnaire , dans le privilège par lequel il confirma la donation de Pépin. — GlANNONE, Puffendorff, Introduction à l'Histoire de l'Univers, T. Il, page 66.

Il est inutile d'ajouter que le pyrrhonisme de Voltaire et de son école ne croit pas à cette donation et à celles des successeurs de Pépin. ( Voir V Essai sur l' Histoire générale , chap. xix. )

On lit dans l' Introduction au Manuel du Droit français , par J.-B.-F. Pailliet, page 11 : « Baluze a donné comme » authentique le pacte de confirmation des prétendues do- » nations faites au pape Paschal , par Pépin et Charlemagne , » en 817. La fabrication frauduleuse de cette pièce est his- » toriquement prouvée. »

L'édition de ce manuel est de 1837. Nous laisserons répondre M. Guizot, qui écrivait, en 1860 {Histoire de la civilisation en France ., T. Il , page 317):

« On a révoqué en doute , » dit le savant historien , « l'au- » thenticité de ces donations , et il est vrai que les actes ori- » ginaux ne subsistent plus ; cependant elles sont mention- » nées par les écrivains contemporains , directement ou in- » directement ; une foule de chroniques et de monumens > divers les attestent ou les supposent. On peut disputer sur a l'étendue des terres ainsi concédées. Dans les siècles sui- » vans , les papes , sans nul doute , l'ont fort exagérée ; mais a quant à la réalité des donations, je ne crois pas qu'on la a puisse raisonnablement contester.

a Elles n'ont rien d'ailleurs en soi que de fort naturel a et de parfaitement analogue à toute l'histoire du vnr siè- » de. Ce dont il faudrait s'étonner serait qu'elles n'eussent a pas eu lieu. »

maître, Constantin Copronime envoie des ambassadeurs à Pépin ; ces émissaires impériaux viennent représenter au roi des Francs, qu'il ne peut disposer d'un bien qui ne lui appartient pas ; mais les remontrances , les plaintes d'un prince que l'on sait incapable de les appuyer par les armes , ne sont qu'un honteux aveu d'impuissance , ne lui attirent que le ridicule et le mépris , et lui préparent de nouvelles insultes de la part de ceux qu'il poursuit de ses menaces sans effet.

Pépin répond aux doléances de Constantin que, maître absolu d'une conquête qui est le juste fruit de ses victoires , il en a disposé selon son bon vouloir.

L'empereur, perdant l'espérance d'intimider le fils de Charles-Martel, et craignant de l'avoir irrité, change aussitôt de langage.

De nouveaux ambassadeurs arrivent du Bosphore, chargés de présens (1) pour le vainqueur d'Astolphe, et ayant mission d'offrir pour époux à la princesse Giselle ou Ghisla, fille de Pépin ,

(1) Entre autres des orgues à jeux , les premières qui eussent encore paru dans le royaume.

On lit dans Y Histoire de l'Eglise, déjà citée, que ces orgues furent placées dans la chapelle du château de Compiègne, et non, connue ledit Vellv, dans l'église de S.-(lorneilk\ qui ne fut bâtie que par Charles-le-Chauve. T. iv, p. \'\ 1

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