LIVRE II. CHAPITRE III
L'abbé du monastère de Saint-Ambroise à Milan , revendiquait la propriété d'un hôpital , d'un château et de leurs dépendances, qu'il prétendait avoir été donnés à son couvent par Ariberto y employé à la cour du roi. L'hôpital et l'immeuble réclamés étaient détenus par un certain Lupo, fils (VAdelchis, vassal à'Ansperto, archevêque de Milan. Ce prélat, lors du procès, était commissaire royal. L'affaire ayant été portée devant lui , il ordonna à son vice-dominits d'entendre les parties et de statuer sur la difficulté avec le vice -comte et le gastaldo en l'absence du comte, un juge de l'empereur, un échevin ou scabino, un archidiacre et dix autres personnages de distinction.
Lupo et l'avocat du monastère étaient présens.
L'avocat exposa la demande. Lupo répondit que ce qu'on revendiquait lui avait été donné par AnspertOj archevêque de Milan, et offrit de l'appeler en témoignage , ce qui s'appelait auctorem dare. On renvoya l'affaire.
A quelque temps de là , Lupo comparut de nouveau devant un tribunal à peu près composé comme le premier. L'avocat de l'archevêque et celui du monastère comparurent aussi. Lupo, sommé de tenir sa promesse , ne put remplir l'engagement qu'il avait pris, decadevït de auc-
love. Alors l'avocat du monastère établit dans un long plaidoyer la propriété de ses cliens.
Le tribunal , après ce discours , demanda à Lupo s'il n'avait aucun moyen, soit par des écrits, soit par des témoins , soit par le duel même , de prouver ce qu'il avait d'abord avancé. Lupo répondit que l'archevêque ayant refusé le témoignage qu'il lui avait demandé , et lui ayant au contraire conseillé de rendre au monastère les immeubles en litige, il n'avait plus rien à dire; et , du bâton qu'il avait à la main, il investit de la propriété de ces immeubles, l'abbé et l'avocat du monastère.
Le tribunal ne voulut pas toutefois terminer cette cause sans avoir entendu l'archevêque luimême, à qui il fit demander le jour où les juges pourraient se réunir de nouveau en sa présence. Ce jour ayant été fixé, on se rendit à l'archevêché. On exposa les faits à Ansperto, qui déclara savoir fort bien que son prédécesseur Ansperto ( même nom ) avait investi un de ses vassaux de biens appartenant au monastère de Saint- Ambroise , et dont il n'avait pas eu le droit de disposer ; qu'il était de toute justice de rendre à ce monastère une propriété à laquelle ni l'archevêché , ni Lupo , ni son père , n'avaient rien à prétendre, et que plusieurs fois les abbés de Saint-