LIVRE 1er. CHAPITRE Ier
le prince Léon, héritier présomptif du trône d'Orient. Ce vœu de Constantin obtient le même accueil que ses remontrances et ses menaces.
Pépin répond sèchement qu'il ne croit pas , lui , bon catholique , pouvoir en conscience donner sa fille au fils d'un prince ennemi déclaré du culte et de la doctrine de l'Église romaine.
Tandis que le roi des Francs affecte ainsi , dans tous ses actes , d'unir ses intérêts à ceux du Saint-Siège dont l'appui moral lui paraît chaque jour plus utile à l'affermissement de sa dynastie , et aux progrès de son influence dans la péninsule italique , les rois lombards obéissent à l'entraînement qui les pousse dans une voie tout opposée.
Astolphe, dont les yeux n'ont pu se dessiller par le double et récent échec de ses armes ; Astolphe y que le châtiment de son parjure n'a pu éclairer sur sa propre faiblesse pas plus que sur l'inébranlable résolution et sur l'irrésistible puissance du roi des Francs ? Astolphe ose de nouveau rassembler des troupes pour marcher contre Rome ; mais le sort réservait à un autre que lui , à un autre roi lombard la triste tâche de compléter la ruine de la cause lombarde : il mourut d'une chute de cheval , au moment de porter le dernier coup à cette malheureuse cause,
déjà si compromise par les écarts de sa folle ambition.
Desiderio se présente pour lui succéder. Ce prince ayant promis d'exécuter le traité consenti d'abord, puis violé par Astolphe, trouve un appui pour son élection dans le pape Etienne III. Sur la demande du souverain pontife, Pépin promet ses bonnes grâces à ce prétendant que les Lombards proclament roi , heureux enfin de trouver en lui un monarque dont les vues pacifiques promettent à l'avenir un peu de calme et de sécurité.
Mais à peine en possession de la couronne , Desiderio se montre atteint du même vertige que Luithprand, Rachis et Astolphe. Ce protégé de Rome aspire à la dominer, et le peuple lombard voit avec stupeur celui qui a conquis ses suffrages par un langage de paix, donner, en saisissant le sceptre , le signal des combats. Humbles prétendans de la veille , les rois , une fois sur le trône , oublient trop le lendemain , comme le reste des hommes , qu'une religieuse observation de la parole jurée avant de toucher le but et en vue de l'atteindre, devient, après la succès, la meilleure sauve-garde contre les revers, ces tristes et si fréquens retours de la fortune.
Le pape s'alarme des dispositions bosliles de