‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 157 sur 246 · LIVRE III. CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

LIVRE III. CHAPITRE Ier

pas réalisées. L'homme, ainsi trompé dans ses vœux , ne voit plus qu'un droit lésé dans chacun de ses mécomptes.

Lothaire fut , de tous les fils de Louis , celui qui dut souffrir le plus du brusque changement survenu dans les projets de l'empereur ; et l'on doit penser qu'avec une nature comme la sienne , ce ne fut pas, sans un vif sentiment d'amertume, qu'il échangea cette puissance impériale qu'il se croyait si près d'atteindre, contre la modeste couronne de Lombardie. Toutefois, nous l'avons vu , grâce au concours de Walla , marquer les premières années de son règne dans la Péninsule par des actes méritoires et par la publication de décrets aussi sages qu'utiles. Mais la sagesse de Walla ne devait pas toujours éclairer de sa lumière la voie difficile qu'avait à parcourir le jeune monarque : tout devint ténèbre , tout devint obstacle et péril pour Lothaire , dès que lui manqua , dans sa marche , le flambeau de ce guide qui , du reste , devait , lui aussi , bientôt avoir ses jours d'erreur et de repentir.

Louis n'eut donc d'abord qu'à s'applaudir, aussi bien que la Lombardie , de la pensée qui avait fait confier à Lothaire le gouvernement de ce royaume; mais l'heure du blâme et du regret ne se fit pas long-temps attendre. À des décrets,

qui avaient eu l'entière approbation de la cour d'Aquisgrana ? succédèrent bientôt en Lombardie des mesures que réprouvait ou la sagesse ou la prudence, et que l'empereur Louis refusa de sanctionner.

Lothaire ayant publié, entr autres règlemens, un édit qui ordonnait la destruction des églises reconnues inutiles ou qui ne seraient pas dotées et entretenues par les habitans , plusieurs hommes irréligieux en avaient profité pour donner une interprétation forcée à cette disposition royale , et pour commettre des désordres : l'empereur Louis crut devoir , pour arrêter le mal , révoquer, ou au moins obliger Lothaire à modifier, par des dispositions plus prudentes , ce décret, moins condamnable du reste, dans son but que dangereux dans son application (1).

L'improbation donnée par Louis à quelques autres règlemens irréfléchis ou trop rigoureux de son fils , et l'obligation où fut de nouveau le roi de Lombardie de les révoquer ou de les amender, blessèrent encore profondément l'orgueil de Lothaire. Les doléances des seigneurs italiens, qui supportaient toujours avec plus d'irritation la dépendance (2) dans laquelle vivait

(1) GlULINÏ.

(2) Ce fut peut-être à cause de cette même dépendance

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