LIVRE 111. — CHAPITRE II
plus ou moins de fondement d'avoir poussé la faiblesse à l'égard des papes , au point de souffrir qu'ils prissent possession du souverain pontificat sans attendre sa confirmation ; sur quoi Pasquier fait la remarque suivante :
« Les Italiens , qui, en s'agrandissant par » l'effet de nos dépouilles , ne furent chiches de » belles paroles , voulurent attribuer ceci à une » piété, et pour cette cause l'honorèrent du » mot latin pius (1), et les sages mondains de » notre France, l'imputant à un manque de faute » et de courage, l'appelèrent le Débonnaire, cou- » vrant la pusillanimité du nom de débonnai- » reté. Sur ce propos , il me souvient que le roi » Henri III disait, en ses communs devis, qu'on » ne lui pouvait faire un plus grand dépit que » de le nommer le Débonnaire , parce que cette » parole impliquait sous soi je ne sais quoi du )) sot. »
« Henri III avait raison, » dit le président Hénault, « de craindre ce reproche : le mal- » heur de ces deux princes a été de s'être trou-
(1) Les historiens d'Italie, entre autres Giultniet Muratori, n'appellent cet empereur que Ludovico Pio.
L'historien espagnol Ferreras le désigne sous le même surnom.
» vés dans des temps où le courage d'esprit » leur eût été plus nécessaire que les autres qua- » lités qui les rendaient estimables (1). »
(1) Abrège chronologique de l'Histoire de France: évé? uemens remarquables sous Louis Ier.