LIVRE IV. CHAPITRE II
dent, l'esprit plus libre dans une sphère plus étroite , Louis put doter la Lombardie de lois sages et paternelles , et surtout, ce qui est plus difficile encore que de faire des lois, il put veiller à leur exécution. Sa sollicitude lutta victorieusement contre les abus que l'assemblée de Pavie avait eu pour but de réprimer : le mal était immense , les habitudes invétérées ; les grands , tant séculiers qu'ecclésiastiques, devenaient difficiles à contenir dans les bornes du devoir, et leur puissance allait toujours croissant en raison inverse de l'affaiblissement de la royauté.
Partout nous avons vu les évêques se faire juges des rois : la France, la Germanie, viennent de nous offrir le triste spectacle de monarques soumis à la censure des prélats , déposés ou rétablis par eux. Tandis que Vénillon , archevêque de Sens , à la tête de quelques évêques factieux , déposait Charles-le-Chauve , roi de France , et offrait ces dépouilles royales à son frère Louis de-Germanique , d'autres évêques fulminaient l'excommunication contre ce dernier roi et le sommaient de subir la pénitence. Louis résistait, mais sa faiblesse se trahissait jusque dans sa résistance, et il répondait qu'avant de se résigner a l'arrêt prononcé, il
454 PREMIÈRE époque:
avait besoin de consulter les évêques de son royaume (1).
Charles-le-Chauve , de son côté, voulant tirer vengeance de Vénillon , assemblait un concile à Savonières près de Toui. Là , un roi de France , un petit-fils de Charlemagne disait humblement :
« Je ne devais pas être déposé > ou, du moins,, » je devais être auparavant jugé par les évê- » ques qui m 'ont donné l'autorité royale. J'ai )> toujours été soumis à leur correction et je suis » prêt encore à m'y soumettre. » Vénillon échappait à une condamnation en se réconciliant avec le prince ; et les évêques du concile , avant de se séparer, s'obligeaient, par un canon, à demeurer unis pour corriger les rois , les grands et le peuple.
Qu'eût fait Louis au milieu de ce grand chaos, s'il eût été dans sa mission et dans son devoir de rendre l'ordre et le calme à tout l'empire, et de tenir chacun dans les limites de ses prérogatives et de ses droits ? C'était déjà pour lui une tâche assez difficile que de contenir le clergé d'Italie, qui ne pouvait rester témoin impassible d'un tel spectacle. Louis II, tantôt par ses libéralités, tantôt par d<> sévères prohibi
(1) llisi. <;i;n.,, abbé MlLlOï\Hist> mod.j ir époque.