‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 215 sur 246 · LIVRE IV. CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAPITRE

lions , tempérait le mauvais effet de ces contagieux exemples. Il ralentit du moins, s'il ne put l'arrêter complètement , la marche du mal, et ce ne fut qu'après lui que le clergé de Lombardie et les archevêques de Milan, dépassant l'orgueil d'Angilberto lui-même, élevèrent leurs prétentions à l'égal de celles des autres prélats de la chrétienté. Il est vrai que ce flot d'ambition comprimé fut peut-être plus impétueux et plus envahissant, une fois affranchi de sa digue. Au dessus de ces maîtres des rois et de ces dispensateurs de couronnes , s'élevait une puissance , juge de ces mêmes juges, et maîtresse de ces mêmes maîtres. Cette puissance, c'était la chaire de Saint-Pierre , c'était le trône du Vatican. Benoît III, en mourant, eut pour successeur Nicolas Ier, dont le génie puissant et inflexible vint donner une vigueur nouvelle et plus d'extension encore à l'autorité des pontifes romains (1)

(1) Voici comment parle de Nicolas Ier un chroniqueur contemporain : *

« Depuis le bienheureux Grégoire, nul évêque, élevé » dans la ville de Rome sur le siège épiscopal , ne peut lui » être comparé. 27 régna sur les rois et les tyrans , et les » soumit à son autorité , comme s'il eût été le maître du » monde. Il se montra humble , doux, pieux et bienveillant » envers les évêques et les prêtres religieux , et qui obser-

*Chr<>n. de Reginon, ad. ann. 868.— Guizot, Hist. do la Civt T. n, p. 328.

Cette vaste intelligence , en même temps qu'elle tenait tête à l'orage soulevé en Orient par le schisme du trop fameux Photius , avait l'œil incessamment ouvert sur toutes les fautes des rois d'Occident, pour saisir la plus large part des débris de l'autorité royale que ces mêmes fautes amoncelaient autour des trônes , et livraient à l'avidité des évêques et des grands. Cette tendance du Saint-Siège devint plus que jamais manifeste sous le pontificat de Nicolas Ier. Mais de cette constante préoccupation à profiter des fautes d'une puissance rivale ou dont on conteste la suprématie , il y a loin à de lâches intrigues ayant pour but et pour fin de fomenter la révolte, les trahisons et des collisions sanglantes dans l'empire. Ce reproche , nous l'avons repoussé pour Grégoire IV , et nous ne l'aurions pas admis davantage pour Nicolas Ier, s'il s'était reproduit à son égard.

L'empereur Louis II fut celui des souverains d'Occident qui donna le moins de prise à cet esprit d'envahissement qui , de plus en plus, s'emparait de Rome.

• vaienl les préceptes du Seigneur, terrible et d'une ex- » trême rigueur pour les impies et ceux qui s'écartaient

du droit chemin. Tellement qu'on l'eût pu prendre pour

• un autre Elic , ressuscité de nos jouis h la voix de Dieu, sinon en corps , du moins en esprit et en vertu, *

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