‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 218 sur 246 · LIVRE IV. CHAPITRE II. ÏG · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAPITRE II. ÏG

lui-même cette protestation à Rome, et la déposa, l'épéeà la main, sur le tombeau de saint Pierre.

Pendant ce temps, Gonthier et l'archevêque de Trêves se rendent au camp de l'empereur Louis qui revenait de son infructueuse expédition de Naples. Ils invoquent son secours contre le souverain pontife , au nom des évêques de Gaule et de Germanie , et surtout au nom de son frère , en qui l'on veut dégrader la majesté royale. L'empereur, résolu de réprimer l'audace du pape qu'on accuse de porter atteinte à l'honneur de la couronne des rois , marche aussi tôt sur Rome avec son armée , traite en ennemies les contrées qui en dépendent, et pénètre dans l'enceinte même de la ville des pontifes. Nicolas avait ordonné des jeûnes, des prières et des processions solennelles pour détourner les calamités dont le menaçait la colère de l'empereur. Les Lombards se jettent au milieu des processions (1), dispersent le clergé et le peuple qui suit le saint cortège ; les croix et les bannières sont brisées , profanées. Le pontife se rend lui-même auprès de Louis qui rougit de ces excès et les condamne en secret; mais le ressentiment du

(1) ërchimp., Hist., cap. 37.

monarque résiste aux remontrances et aux prières du pape : il veut une réparation de ce qu'il appelle les torts du Saint-Siège à l'égard de tous les rois outragés dans la personne de Lothaire.

Sur ces entrefaites , un des familiers de l'empereur, qui avait brisé la bannière de sainte Hélène, est frappé de mort subite (1); le monarque lui-même tombe malade , une crainte superstitieuse le saisit; l'impératrice, gagnée parles présens et les secrètes sollicitations du pape , profite des terreurs qui assiègent l'imagination de Louis pour lui faire abandonner une entreprise que paraît condamner le ciel; l'empereur se retire et retourne en Lombardie avec ses troupes, après avoir donné sa sanction à la conduite de Nicolas. Les archevêques de Cologne et de Trêves s'enfuient courbés sous le poids de l'excommunication. Quelques années plus tard on verra le fougueux Gonthier venir au Mont-Cassin se jeter aux genoux du pape Adrien, successeur de Nicolas , et s'écrier : « Je déclare » devant Dieu et devant les saints , à vous , mon- » seigneur Adrien , souverain pontife , aux évê- » ques qui vous sont soumis, et à toute l'assem- » blée, que je supporte humblement la Bêfitence

(1) MURATORI , Ami. d'il., T. \, p. 56,

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