‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 23 sur 246 · LIVRE Ier. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE Ier. — CHAPITRE II

lombard , soit qu'il éprouve de la répugnance à combattre celui qu'il a doublement et si cruellement outragé comme père, soit qu'il veuille cacher sous le manteau du désintéressement sa satisfaction secrète de voir l'Italie s'offrir ellemême à son ambition.

Desiderio avait associé son fils Adelchis (1) au trône de Lombardie.

Tout moyen de conciliation proposé par Charles, sans doute avec le désir de n'être point écouté, ayant été imprudemment repoussé par les deux rois, l'armée des Francs fut bientôt au pied des Alpes.

Le passage des Alpes était fermé au val de Suzay dont une position conserve encore aujourd'hui le nom de Ckiusa, par une ligne de murailles , de bastions et de tours qui s'étendait

dons portées contre lui par le pape , et pour donner l'assurance au roi des Francs qu'il était prêt à faire la paix avec le Saint-Siège , mais que Charles ne voulut rien entendre. (Histoire de l'Univers, T. Il , page 68. )

Les autres historiens que nous avons lus et dont l'assertion se retrouve chez plusieurs historiens français , affirment que Charles employa la voie des négociations et que Desiderio la repoussa. — Giulini , T< Ier, livre 1er. — Mu- RATORI , Annales.

(1) Appelé, par les chroniques et les historiens, Adelyise, Atalgise , Algise , et dans les actes publics, comme le fait observer Mansoni , Adelchis.

depuis le mont Porcarino jusqu'au bourg de Chiavri. (Ad vicum Cabrium.) (1)

Desiderio et son fils avaient restauré et fortifié cette importante position; ils accoururent pour la défendre. D'après quelques historiens, la résistance fut si grande (2) que Charlemagne, désespérant de pouvoir forcer le passage, songea un moment à retourner en France. Déjà son armée s'ébranlait pour la retraite , quand un diacre, nommé Martin, envoyé par Léon, archevêque de Ravenne, fit connaître au roi des Francs un sentier ignoré pour descendre en Italie (3).

Charles, profitant de l'avis du diacre, aurait, d'après les mêmes historiens, fait gravir ces chemins inconnus et escarpés à l'élite de ses troupes qui, se précipitant tout à coup sur le

(1) Anastase, page 13^. — Chronic. novai, lib. m, cap. ix. — Rerum itat. , T. H, page 2, col. 717. Cette chronique est écrite par un moine anonyme qui , d'après Muratori , vivait vers la moitié du XP siècle. ( Notes historiques de Mansoni, déjà citées, page 177.)

(2) Frodoard, de Pont. rom. rerum , T. v, page /i63. Frodoard , chanoine de Reims , vivait dans le xc siècle.

(Anastase, page 16/t.j

(3) Agnello, Raven. Pont, rerum, liai, T. il , pages 1 et 117. Manzoni cite cet auteur, qui vivait vers la moitié du IXe siècle et qui avait Connu personnellement le diacre Martin. Ce diacre , plus tard , devint lui-même archevêque de Ravenne.

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