‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 24 sur 246 · LIVRE Ier. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE Ier. CHAPITRE II

flanc des Lombards, aurait jeté parmi eux l'épouvante et le désordre (1).

Tout s'enfuit; Charles n'a plus qu'à avancer avec le reste de son armée dans le défilé dont les soldats démoralisés de Desiderio ont abandonné la défense ; il franchit ainsi , sans autres obstacles , ces Alpes , immense boulevard de l'Italie; la plaine n'offre aucune résistance (2), et l'heureux fils de Pépin n'arrête sa course triomphale que sous les murs de Pavie, capitale des

(1) Chronic. de MoiSSAC, Rerum Franc, T. v, pag. 69, citée par Manzoni , page 179. Cette chronique , d'un auteur inconnu, finit à l'année 818.

La route suivie par l'avant-garde de l'armée des Francs n'est pas bien déterminée par ceux qui ont accrédité cette version. Ce qui paraîtrait certain , d'après la chronique novalaise déjà citée, c'est que les troupes de Charles avaient pénétré jusqu'au bourg de Giaveno ( Gavensis ) , et que de là elles se seraient jetées, par le Val de Viù, sur les Lombards.

(2) Godefroy de Viterbe dit, avec d'autres historiens, qu'une victoire sanglante , dans les plaines de la Lombardie , put seule ouvrir aux Francs le chemin de la capitale. Des chroniques parlent d'un siège soutenu , à cette époque , par la ville de Milan , alors Mediolanium ou Mediolanum.

Le comte Giulini traite cette dernière assertion de fable et de roman. (Storia di Milano , T. 1er, lib. Ier. )

Quant à la victoire dont parle Godefroy de Viterbe , il est établi qu'il n'y eut d'autre rencontre jusqu'à Pavie, entre les Lombards et les Francs, qu'au défilé du Val de Suza, et cette rencontre ne fut point un combat , mais le signal de la fuite des Lombards , dont quelques chefs , si l'on en croit certains historiens, étaient vendus au roi des Francs-,

rois lombards , où Desiderio a cherché un dernier refuge. Charles met le siège devant cette place, et envoie en même temps investir Vérone, où Adelchis s'est enfermé avec la veuve et les deux fils de Carloman ; le reste des vaincus se disperse, jette ses armes, et va, dans ses foyers, attendre les effets de la clémence ou de la sévérité du vainqueur.

Adelchis, désespérant bientôt de défendre Vérone, s'échappe de nuit, s'enfuitàConstantinople, et laisse sa sœur et ses jeunes neveux à la discrétion de l'ennemi. Gerberge , ainsi abandonnée de son frère, sort de la ville, et va se jeter avec ses fils aux pieds de Charles dont elle implore la pitié.

Les fils de Carloman et leur mère furent , diton, renvoyés en France. L'histoire se tait sur le sort ultérieur de ces malheureux princes. A nos yeux , ce triste mystère pèse sur la mémoire de Charlemagne.

Vérone se rendit: les villes qui appartenaient aux Lombards se hâtèrent, à l'exemple de cette place , d'ouvrir leurs portes au vainqueur.

Brescia et Pavie seules résistaient. Poto, neveu de Desiderio, et son frère Answaldo, évoque de ce diocèse, avaient exalté le courage des habitans de Brescia. Ismondo fut envoyé contre eux. La défense fut d abord vigoureuse ; mais bientôt les lia

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