LIVRE lr. CHAPITRE U
bitans, effrayés des rigueurs exercées contre ceux des leurs qui tombaient aux mains dismondo, contraignirent les deux frères à capitu- 1er (1).
Comme le siège de Pavie traînait en longueur , Charles se rendit à Rome pour les fêtes de Pâques; il y fut accueilli en libérateur (2), salué roi des Francs et des Lombards , et y reçut les hommages publics* en qualité de patrice(3).
Les magistrats de Rome se portèrent à sa rencontre jusqu'à trente milles ou dix lieues de Rome ; quand il ne fut plus qu a un mille , le cortège royal trouva toutes les troupes formées en
(1) Chronic., Ridolfi, Notarii. — Hist. apud Bienni, 1749. — Storia di Brescia, T. il. Citée par Mansoni, qui croit que Ridolfi vivait au xie siècle , page 180.
(2) Anastase, page 185 et suivantes. — Histoire de l'Eglise, B.-B., T. iv, page 181.
(3) Puffendorff , Histoire de l'Univers, T. Il, page 68. On voit que Charlemagne n'attendit pas d'avoir réduit la capitale des Lombards et de s'être rendu maître de leur souverain , pour prendre le titre de roi de Lombardie.
Quelques historiens affirment qu'il fut proclamé par l'archevêque de Milan , qui lui aurait posé sur la tête la couronne de fer y faite , disent-ils , dans le VIe siècle , par ordre de la reine lombarde Théodolinde , pour couronner Agilulphe, son second mari. * Tout nous porte à penser, avec Giulini , que Charlemagne se dispensa de la cérémonie du couronnement et qu'il s'adjugea lui-même , par le droit de la conquête , le titre de roi de Lombardie.
* Nous verrons plus tard que les rois lombards ne recevaient point de couronne à leur avènement.
double haie. Les enfans des écoles marchaient en tête, chantant des hymnes en l'honneur de Charles ; leurs mains agitaient des palmes et des rameaux d'olivier.
Charles avait alors trente-deux ans; sa taille était avantageuse et bien prise , sa physionomie noble et majestueuse; il avait le front élevé, le nez aquilin ; ses yeux étaient grands , vifs et perçans ; à une expression de noble et mâle fierté venaient se joindre dans toute sa personne une grâce séduisante et une inexprimable douceur. Tous ces avantages étaient rehaussés par le plus irrésistible de tous , celui qui fascine , qui enivre et les grands et la multitude , le prestige de la victoire.
Les Romains , à sa vue , laissent éclater le plus vif enthousiasme; le monarque, sitôt qu'il aperçoit les croix qu'on porte à sa rencontre , met pied à terre avec le nombreux cortège de comtes, de ducs et autres seigneurs qui l'accompagnent, et s'avance à pied jusqu'à l'église de Saint-Pierre.
Le pape et son clergé l'attendaient au haut des degrés de la basilique. Le roi embrasse le pontife et le prend par la main , aux acclamations du clergé et de la foule enthousiaste qui entonnent le chant sacré de Béni soit celui (/ni vient au nom du Seigneur.