‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 26 sur 246 · LIVRE Ier. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE Ier. CHAPITRE II

Adrien sut mettre à profit le séjour de Charles à Rome. L'historien Bérault, se basant sur le récit d'Anastase (1), dit qu'il obtint non seulement la ratification de la donation de Pépin , mais de nouvelles libéralités qui auraient ajouté aux États romains une partie de la rivière de Gênes , la Corse, les villes de Bardi, Reggio, Mantoue, la Vénitie, l'Istrie, Ravenne, les duchés de Spoletti et de Bénévent.

Puffendorff dit au contraire (2) que Charles mit le pape en possession de Y exarchat de Ralentie y de la Pentapole et du duché de Rome dont il avait retenu les droits de souveraineté , et qu'il se réserva pour lui, et à titre de royaume, la Ligurie , YÊmélie , la Vénitie , la Toscane , les Alpes Cottiennes (aujourd'hui le mont Genève et le mont Cénis), qui forment, ajoutent Puffendorff, cette partie de l'Italie improprement appelée Lombardie.

Charles , toujours d'après l'auteur allemand , conserva aux ducs de Frioul , de Bénévent et de Spoletti , les mêmes droits , pouvoirs et prérogatives dont ils avaient joui sous les rois lombards ; seulement il exigea de ces ducs qu'ils le

(1) ANASTASE, In Adrian, , ann. 177. — Berault-Bercastel, T. iv, page 182.

(2) Histoire de l'Univers , T. Il, pages 68 et 69,

reconnussent comme roi et qu'ils lui prêtassent serment de fidélité.

La double opinion émise par Puffendorff nous paraît la plus vraisemblable et concorde mieux avec la suite des faits que nous aurons à rapporter.

On le voit, ce fut, comme l'avait pressenti Pépin 9 toute une ère nouvelle qui surgit de cette alliance entre les papes et les maires du palais devenus rois des Francs.

Le pouvoir naissant des carlovingiens , que déjà étayaient la gloire et en quelque sorte le vœu de la nation toute entière , trouva une nouvelle force dans la sanction intéressée de la papauté.

De leur côté , les évoques de Rome recueillirent d'autres fruits que cette puissance temporelle qu'ils durent aux libéralités de Pepin-le- Bref et de son fils. L'épée des conquérans, en s'inclinant un moment devant la papauté comme devant le premier des symboles divins, n'en put que rehausser l'éclat et le prestige.

Depuis long-temps les papes délaissés , mais plus souvent persécutés par la cour du Bosphore, avaient à lutter contre des schismes toujours renaissans qu'encourageaient, que proclamaient contre l'Église de Rome, des empereurs en qui elle n'aurait dû trouver que des appuis.

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