‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 27 sur 246 · LIVRE Ier. CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE Ier. CHAPITRE IL

Les évoques d'Occident, entraînés par leur propre ambition dans le courant fatal où semblait devoir s'abîmer la puissance spirituelle des successeurs de saint Pierre, travaillaient, eux aussi, à s'affranchir chaque jour davantage du joug de la vieille suprématie de Rome. L'Occident, à la vérité, n'avait embrassé aucune des hérésies violentes que l'Orient eut tant à déplorer ; mais il fut un moment où , sans secousse comme sans lutte retentissante , l'évêque de Rome put à peine , à l'égard des autres évoques de la chrétienté , s'appeler primus inter pares.

Il était temps qu'une royauté nouvelle communiquât à cette puissance languissante un peu de sa jeune et vigoureuse sève.

La papauté qu'avaient vue naître les empereurs romains, n'ayant jamais pu exercer sur ces maîtres du monde plus anciens qu'elle , l'influence qu'elle pressentait devoir acquérir sur un pouvoir de plus récente date et comme fondé par son concours, se hâta d'associer sa fortune à la fortune des carlovingiens. Tout concourut dès lors à relever l'influence spirituelle du chef de l'Église. Dans tous les actes de la dynastie nouvelle on peut reconnaître combien était étroite cette alliance.

La présence des rois aux conciles ecclésiasti-

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ques, pour rétablir dans l'Église Tordre, la règle , la hiérarchie , fut moins considérée par la papauté comme un empiétement du pouvoir laïque sur ses prérogatives, qu'un moyen de plus d'asseoir solidement l'autorité de Rome par trop méconnue.

La gratitude des carlovingiens ne se borna pas à des concessions de territoire et à la promulgation de décrets protecteurs du Saint-Siège : à ces décrets vint se joindre la menace de toutes les voies de coercition, de la contrainte par la force, du châtiment par les armes, contre quiconque méconnaîtrait les droits et l'autorité du chef de l'Église.

Il est rare que l'établissement d'une dynastie nouvelle , surtout dans un grand État, ne tourne pas , au moins pour les premiers temps , au profit de quelques unes des grandes puissances qui aspirent à régir le monde. Un nouvel ordre de choses a besoin d'une sanction, d'un appui que^ dans leurs rivalités jalouses , d'autres États lui font chèrement acheter. Trop souvent, en ces conjonctures, un peuple voit sacrifier ses intérêts généraux à l'intérêt privé de celui ou de ceux qui ont saisi le pouvoir.

Cette fois, le double intérêt national el carla- •ringien pul se confondra dans l'abandon, eol t'a

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