‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 3 sur 246 · LIVRE l<r. CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

LIVRE l<r. CHAPITRE Ier

nement saint Jean Damascène s'éleva contre cette impiété (1).

Léon publia de nombreux et véhémens édits dans toute l'étendue de l'empire : plusieurs peuples d'Italie en furent émus et se révoltèrent.

Les sectateurs de cette erreur nouvelle furent appelés iconoclastes , de deux mots grecs qui signifient briseurs d'images , ou iconomaques , dérivant aussi de deux mots grecs et signifiant ennemis des images.

Que la rencontre de Conon et des deux juifs soit de l'histoire ou une fable , peu importe. Ce qui est certain , c'est que Léon , à peine consolidé sur le trône , voulut tout d'un coup enlever aux peuples les objets de leur culte ; qu'on désobéit, qu'on se révolta , qu'il voulut punir et réprimer, qu'il persécuta , et qu'il devint tyran pour soutenir une aveugle hérésie.

Les Lombards régnaient en souverains, depuis près de deux siècles , sur une grande partie de la péninsule italique.

Luithprand , leur roi , prince ambitieux et habile politique, profitant des troubles soulevés par le schisme de Léon , s'empare de l'exarchat de

(1) Jean Damascène , au titre Christiano caieyori , sand hères. , 130. — Buron , an 722 , et Bellarm. , lib. III , de Sanctù , cités par Pi n china t.

Ravenne , qu'il érige en duché et qu'il donne à Hildeprand son neveu.

Grégoire II occupait à cette époque la chaire de saint Pierre ; sa piété gémit des erreurs et des excès de Léon , mais la prudence du pontife redoute les contre-coups de la colère de l'empereur. Les Vénitiens s'arment à sa prière, fondent sur Ravenne, en chassent les Lombards, et y rétablissent l'exarchat qui rentre sous la domination des Grecs.

Certes ce fut là un grand service rendu par le pape à la cour du Rosphore ; mais les bons offices de l'homme que l'on hait pèsent plus qu'une injure. On les nie, ou on les déprécie si on ne peut les nier, et la haine s'accroît de tout le poids de la reconnaissance dont on eût payé le même service rendu par tout autre qu'un ennemi. Il est des rois qui prennent plus de souci pour l'échec d'une capricieuse idée , d'une fantaisie, d'une théorie folle, que pour la perte d'une ou de plusieurs provinces. Ce Grégoire III , qui a rendu Ravenne à Léon , n'est- il pas l'obstacle le plus redoutable que l'empereur rencontre dans ses projets subversifs du dogme catholique? Dès lors Léon ne voit plus qu'un ennemi dans Grégoire. Prompte à discerner ce qu'a eu d'intéressé l'officieuse dé-

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