‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 31 sur 246 · LIVRE let. CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE let. CHAPITRE

sa puissance, quand tous les grands favorisaient l'essor de son ambition, avait rencontré Eudes, seul , debout et menaçant , comme un obstacle au triomphe complet de ses desseins.

Le superbe usufruitier de la royauté mérovingienne attaque ce prince audacieux, met son armée en déroute et ruine son duché. Eudes, battu et non soumis, meurt dévoré de ressentiment et de honte.

Son fils et son successeur Hunoald , cédant un moment à l'orage , subit la loi de la victoire.

Mais à la mort de Charles, le jeune duc ose protester les armes à la main contre Pepin-le- Bref , qui aspire ouvertement à se ceindre le front du diadème de ses vieux rois.

L'Aquitaine devient de nouveau le théâtre de collisions sanglantes ; après les plus vaillans efforts, Hunoald voit aboutir à la défaite cette levée de boucliers que Ton a appelée depuis révolte , et qu'on eût attribuée à un héroïque dévouement s'il eût arrêté l'essor de l'ambitieux que lui, sujet et vassal fidèle des mérovingiens, appelait usurpateur.

Les murs d'un cloître s'offrirent pour seul refuge au prince vaincu.

Nous avons vu, dans le chapitre précédent, Waifre son fils, duc d'Aquitaine comme Eudes

et Hunoald, rallumer la guerre contre Pépin. Waifre, dans l'aveuglement de sa haine , contracte des alliances avec l'étranger, extrémité souvent dangereuse, toujours condamnable, dans des discordes civiles.

Tassillon , duc de Bavière , Desiderio , roi de Lombardie, les Maures eux-mêmes, ces barbares que son aïeul a vaillamment combattus à Poitiers, trouvent dans Waifre de coupables sympathies et un auxiliaire contre le roi des Francs.

L'impétueux Pépin entre en Aquitaine , y promène le fer et la flamme , chasse les Sarrasins de France par la prise de Narbonne, arrache ainsi à Waifre ses plus puissans alliés, et réduit le jeune duc à lui demander merci. On signe ia paix ; mais bientôt Waifre reprend les armes , et Pépin reparaît aussitôt dans ses États. Le roi des Francs renverse de fond en comble ou démentèle toutes les villes qui tombent en son pouvoir (1).

Pendant sept années, Waifre soutient une lutte désespérée , ruinant ses propres forteresses pour éviter qu'elles deviennent un point d'appui à l'ennemi vainqueur; changeant à l'improviste et toujours avec une nouvelle énergie, les moyens d'attaque et de défense aussi bien que le théâtre

(1) ANQUETIL, Histoire de France, T. r\ page 367.

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