LIVRE Ier. CHAPITRE II
de la guerre, qu'il porte successivement en Auvergne, dans la Saintonge, le Quercy, le Berry et le Périgord, qui n'offrent plus qu'un monceau de ruines et des restes d'incendie.
Grâce à la diversion de cette longue lutte , le roi Desiderio échappait aux menaces de Pépin , et la chute de la puissance des Lombards en Italie en était retardée.
Un homme voué aux austérités du cloître , un moine, spectateur muet etoublié, suivaitdufond de sa cellule, avec plus d'anxiété encore que le roi de Lombardie , les phases diverses de ce drame terrible; son âme bondissait de joie à chaque succès de Waifre, et l'annonce d'un revers l'affectait profondément. Dans cet homme revêtu du cilice, dans ce moine ridé plus par la fougue des passions que par l'âge et les rigueurs du monastère, qui ne reconnaît Hunoald? Un jour, lui vient la nouvelle de la mort de Waifre : les uns racontent que le duc d'Aquitaine a glorieusement perdu la vie dans une bataille ; d'autres que ses propres soldats l'ont immolé comme la cause d'une guerre sans terme; d'autres, enfin, que Pépin n'est pas étranger à ce meurtre. Hunoald, furieux, quitte le cloître, échange le froc contre l'épée et appelle autour de lui les partisans les plus chaleureux de la cause de son fils.
Pépin venait de suivre Waifre au tombeau. Charles , son successeur, court au devant d'Hunoald , l'attaque , disperse ses troupes , le fait poursuivre à outrance de forêts en forêts , de cavernes en cavernes. Enfin le duc téméraire tombe aux mains du vainqueur qui le fait plonger dans un cachot. Mais Hunoald parvient à corrompre ses gardes ou à tromper leur surveillance ; il brise ses fers , échappe à sa prison , et, ne trouvant partout que les traces de la complète destruction de son parti , il cherche un refuge à la cour de Desiderio , où il voit éclore contre Charles les germes d'une guerre prochaine. Bientôt , sous l'inspiration de sa haine, la cour lombarde devint plus audacieuse , et les négociations, entamées avec le roi des Francs, furent rompues.
Nous avons vu Charles traverser les Alpes et soumettre la Lombardie. Pavie seul résiste ; Desiderio y a cherché son dernier asile. Hunoald est l'âme de son conseil : Hunoald a allumé, au cœur de la population toute entière, la flamme du plus noble enthousiasme; il en soutient l'ardeur par sa parole et son exemple, s'exposant à tous les périls, enduranl louiesles privations, supportant toutes les souffrances , le premier à l'attaque , toujours le dernier dans les