‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 34 sur 246 · LIVRE I(r. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I(r. CHAPITRE II

sa capitale au roi des Francs, se rendit sans condition.

Sur ces entrefaites , une nouvelle révolte des Saxons vient appeler Charles loin de l'Italie. Le roi vainqueur, avant de quitter sa récente conquête, et pour mieux s'assurer de sa soumission, confie l'administration de toutes les villes à des gouverneurs francs, sous la dénomination de comtes (1), changeant ainsi celle de duc, qui distinguait les gouverneurs lombards. Il fixe les limites des villes et des provinces pour prévenir toutes contestations à ce sujet , détermine les tributs à payer, et règle toutes les affaires avec cet esprit de sagesse et de prévoyance qui fut le cachet de tout son règne.

Pour la contrée vaincue , Charles est un nouveau maître , mais non un vainqueur irrité : la Lombardie , dont il se déclare résolu à respecter les coutumes et les lois, a bientôt deviné le grand homme, et pressenti, dans celui qui l'a domptée, le génie de la civilisation : l'élan sympathique de tout le peuple vers le roi des Francs est la dernière sanction de sa victoire.

Charles , que la prudence n'abandonne pas dans l'ivresse de ce triomphe , ne quitte Pavie

(1) GiULiNi, Storia di Milano 3 T. rr. Nous verrons . plus tard, reparaître le titre de duc.

qu'après avoir mis celte capitale et les autres principales villes de la haute Italie, sous la garde d'une partie de ses troupes. Il conduit en France le roi vaincu , qui , enfermé dans le couvent de Corbie, y mourut bientôt oublié.

Ainsi finit la puissance des Lombards en Italie , au moment où leur ambition rêvait à soumettre la Péninsule toute entière. Leur domination comptait deux cent six ans de durée , à dater de leur sortie de la Pannonie, sous la conduite d'Alboin ; elle fit place à la domination française.

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