LIVRE lttr. CHAPITRE
des plus glorieux. Le jour même de sa sépulture , le lendemain de sa mort, un prêtre du titre de sainte Suzanne, d'une grande réputation de science et de sainteté , lui succéda sous le nom de Léon III. Le nouveau pape envoya des légats à Charlemagne pour lui faire part de son élection , et lui remettre les clés de la confession de saint Pierre avec l'étendart de la ville.
Le roi fut en outre invité à venir recevoir, en sa qualité de patrice et de protecteur des Romains, le serment de fidélité et d'obéissance.
Le sage et brillant conseiller de Pépin , Angilbert, fut chargé d'aller complimenter LéonlII, au nom du roi des Francs , et de lui remettre une lettre de Charles (1) où l'on remarque ce passage :
« Ayant reçu avec vos lettres le décret de » votre élection , nous avons ressenti la plus vive » joie de l'unanimité avec laquelle on l'a faite , » comme aussi de ce qu'on nous rend la fidélité » et l'obéissance qui nous sont dues. »
A cette lettre étaient jointes des instructions secrètes qui prouvent que rien n'échappait à la prévoyante sollicitude de cette vaste tête occu-
(1) AliCMN, Ep. &4. — Cité par B.-B. , T. iv, p. 236 el 237.
pée du gouvernement de la moitié du monde (1).
Nous avons vu que les armées de Charlemagne et de Pépin avaient rapporté de la Pannonie , après le sac et le pillage de la capitale des Huns, de riches trésors. Angilbert offrit au pape, de la part des deux rois, une partie de l'immense butin. Cet acte de munificence servit aux libéralités qui marquèrent le règne de ce grand pontife.
Pendant que Charlemagne , par ses victoires et la sagesse de sa politique, élevait peu à peu ce trône d'Occident, dont le marchepied était à Rome, la cour d'Orient, par de nouveaux scandales que suscitait l'ambition d'Irène, servait merveilleusement les vastes desseins du monarque franc.
La débauche, l'adultère, le parricide, voilà le spectacle qu'offrait alors au monde cette cour éhontée. Irène, importunée même de l'ombre de pouvoir laissée à son fils qu'elle trompai! par de feintes promesses et de fallacieuses sou missions, fomenta longuement une trame ré gicide contre le faible Constantin: rexéculion enfui prompte. On arrête l'empereur à Timpro-
(1) ALCUJN, Ep. 82. Ihsi. del'Egl.\ par B.-B., T. i\
pa^os 236 H 237.