‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 5 sur 246 · LIVRE 1er. CHAPITRE 1er · texte numérisé non relu

LIVRE 1er. CHAPITRE 1er

bre et l'église de Saint-Pierre, vis-à-vis le château Saint-Ange, lorsque le pontife, résolu à délivrer son peuple ou à s'immoler pour lui , sortit courageusement au devant du Lombard.

Luithprand se laisse toucher par les remontrances du pape , se prosterne à ses pieds , et lui promet non seulement de retirer ses troupes de la Romagne , mais encore de le protéger contre ses ennemis.

A cette nouvelle , le ressentiment de Léon ne connaît plus de bornes ; il confisque les patrimoines que l'Église romaine possédait en Sicile, dans la Calabre et dans les autres provinces de l'empire , et il menace Rome d'envoyer contre elle une puissante armée.

Sur ces entrefaites , l'Église eut à déplorer la mort de Grégoire IL Le prêtre Grégoire assistait aux funérailles du saint pontife , lorsque , comme par une inspiration spontanée, le peuple romain l'enleva de force et le porta sur la chaire apostolique (1).

C'était un homme d'une rare science , d'une charité exemplaire , et qui , à la plus angélique douceur, joignait une grande fermeté et la prudence d'un profond politique.

(1) Hist. del'ÉgL, T. IV, pag. 80.

Léon espérant rencontrer, dans le successeur de Grégoire II , un pontife plus souple et plus prêt à se courber sous le caprice de ses erreurs; peut-être aussi ne se sentant pas en mesure , pour le moment , d'exécuter ses menaces contre lltalie , se contenta de continuer, par des décrets violens et des actes de vandalisme, la guerre contre les images et les confesseurs de la foi romaine en Orient.

Grégoire , pour mettre un terme à ces persécutions, lui adressa des lettres remarquables par la force du raisonnement aussi bien que par la dignité du langage , et dont l'extrait qui suit trouverait, de nos jours encore, des occasions fréquentes d'une juste application :

(c Apprenez, écrivait à l'empereur le sage » pontife , qu'il n'appartient pas aux rois de dé- » cider en matière de religion, mais seulement » aux évêques. Comme les prélats qui sont pré- » posés aux églises s'abstiennent des affaires » politiques, les princes du siècle doivent s'ab- » stenir des affaires ecclésiastiques , et chacun » doit se borner à l'autorité qui lui a été com- » mise par le ciel (1).

» Le sanctuaire et le palais ont des ministres

(1) Hist. de l'Égl., par B.-B. , T. IV , pag. 81 ; T. VII , Cone. , pag. 26.

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