‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 53 sur 246 · LIVRE 1P|. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE 1P|. — CHAPITRE III

saute de pierreries; la voûte du temple saint, toutes les avenues et tous les quartiers de Rome retentissent de ce cri mille fois répété.

Vie et victoire a Charles-Auguste , grand et pacifique empereur des romains , couronné de

LA MAIN DE DlEU !

Charlemagne (1) reçoit au même instant l'onction sainte des mains du pape qui , se proster-

couronné que par surprise. D'après Eginhard , * ce monarque aurait dit que s'il eût su le dessein du pape , il ne se serait pas rendu à l'église de Saint-Pierre. On ne nous persuadera pas que Charlemagne ignorât ce dessein. Quant aux paroles que lui attribue Eginhard , nous n'en contesterons ni l'exactitude ni la vraisemblance.

« Ce propos du nouvel empereur , » dit un historien allemand , ** « était fondé sur ce que , bien loin que cette » cérémonie lui donnât quelques avantages , c'était , à ce » qui pouvait paraître , lui faire tenir en quelque sorte , de » l'élection des Romains et du pape , ce qu'il ne devait qu'à » son épée. »

Ne pourrait -on pas dire aussi que l'hahile monarque pensait que de semblables paroles retentiraient jusqu'à la cour de Constantinople, dont il voulait ménager, autant que possible , l'ombrageuse susceptibilité ?

(1) Muratori (Ann. d'It., T. IV, page 379), dit que Pépin fut couronné de nouveau comme roi de Lombardie.

* Egiinhard , Vie de Charlemagne. Cet historien attribue ce mot de Charlemagne à la répugnance que lui inspira, dans les premiers temps, le titre d'empereur ! On nous permettra de croire que si ce litre eût répugné à Charlemagne , ce prince ne l'aurait ni accepté ni porté.

** De Heiss., Hist. d'Allemagne, cité par l'uficndorff. T. v, liv. v, chap. ii.

liant à son tour devant le nouvel empereur, lui rend, le premier, son hommage (1).

(1) lu prince que la persécution tint éloigné douze ans de l'Angleterre, et qui mita profit l'exil pour apprendre du grand roi l'art de régner et de vaincre , Egbert avait suivi Charlemagne à Rome. Il lui vit ceindre la couronne impériale. L'empereur, quand Egbert le quitta pour reconquérir l'Angleterre et détruire l'hydre de l'heptarchie, lui donna son épée : « Elle a vaincu mes ennemis , » lui ditil , « elle vaincra les vôtres. »

Egbert s'en servit comme l'eût fait Charlemagne; il vérifia la prédiction. L'Angleterre l'honore comme l'un de ses meilleurs et de ses plus grands rois î *

* Gaillard , Hist. de la rivalité de la France et de l'Angleterre, Tome I , iuli'od.

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