‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 54 sur 246 · CHAPITRE TV · texte numérisé non relu

CHAPITRE TV

Mécontentement d'Irène.— Révolution à Constantinople.— Guerre entre Pépin et Grimoald. — Défaite des Sarrasins dans la Méditerranée. — Mort de Grimoald. — Bienfaits du règne de Pépin.

— Intrigues des cours de Pavie et d'Orient dans la Vénitie. — Expédition de Pépin contre Venise. — Origine de la corne ducale des doges. — Mort de lepin. — Charleinagne associe Louis à l'empire. — Bernard, roi de Lombardie. — Il bat les Sarrasins.

— Mort de Charlemague. —Bernard encourt la disgrâce de l'empereur Louis et obtient son pardon. — 11 sert efficacement Rome et l'empereur.— Haine d'Hermengarde contre ce prince. — Prise d'armes de Bernard ; son supplice et sa mort.

De 800 à 818.

L'événement de Rome qui du droit de la victoire faisait un droit divin , qui transformait le patrice (1) et le roi en empereur ? et la con-

(1) Le titre de patrice des Romains emportait avec lui une espèce de vasselage, souvent éludé, mais reconnu , toutefois, à l'égard des empereurs d'Orient, qui, du reste, ne considéraient tous les rois de l'Europe que comme des patrices. Ainsi Clovis lui-même n'avait été reconnu par la cour du Bosphore que comme patrice des Gaules , et les rois lombards comme patrices de Lombardie. D'après quelques historiens , cette supériorité que s'arrogeaient les empereurs d'Orient, et que même on leur reconnaissait encore après la conquête de Gharlemagne , semblerait résulter, entre autres faits, de la fameuse mosaïque posée, (avant l'an-

quête en souveraineté légitime, produisit une sensation profonde à Constantinople. L'impératrice Irène, possédant encore la Sicile et une ombre de pouvoir sur quelques points de l'Italie, s'efforça, pour ne pas compromettre ce reste d'autorité, de dissimuler son irritation secrète.

Elle envoya à Charlemagne des ambassadeurs chargés de le complimenter, et de lui faire hommage de magnifiques présens.

Ces envoyés eurent , dit-on , la mission déli-

née 800 ) , par ordre de Léon III , dans le magnifique triclinium du palais de Latran.

On voit, sur celte mosaïque, J.-C. présentant, de la main droite, les clés à saint Pierre, et de la main gauche, X étendard à un prince couronné, avec l'inscription : Constantin V.

Sur un autre côté de la même mosaïque , on voit saint Pierre présentant, de la main droite, les clés au pape (Léon III) , et de la main gauche, Y étendard à un prince portant la moustache , le manteau et l'épée , avec l'inscriplion: D. N. Carolo , régi.

Ne pourrait-on pas aussi voir, dans ce dessein , la pensée que voici :

Dieu donna l'étendard à l'empereur Constantin ; mais plus tard saint Pierre, le représentant de Dieu , remit cet étendard à un plus digne , à Charlemagne.

Avant 800 , les rois des Francs , en écrivant aux empereurs d'Orient, leur donnaient le titre de pères. Charlemagne et ses descendais , les traitant en égaux , ne leur donnèrent plus que celui de frères , à dater de 800. L'on vit aussi, par les actes publics passés à Rome et où se datait le règne de Charlemagne , comme empereur, qu'une ère nouvelle venait de commencer. Alors seulement, dit Téopliane, in Francorum potestatem Rotna cessii.

Page 1