LIVRE Ier. CHAPITRE IV
mention du crime d'Hermengarde , rapporté par l'historien Andréa , ont voulu peut-être épargner la mémoire d'une de leurs reines.
« De même, continue Giulini, on doit peu » s'étonner que l'Italien Andréa ait omis dans » son récit ce qui est relatif à la rébellion de » Bernard, roi d'Italie, et de ses partisans, pour » la plupart Italiens. »
Il faudrait peut-être ajouter aussi, pour mieux s'expliquer le silence d'Andréa sur cette imprudente prise d'armes, que cet historien était prêtre; or, nous avons vu que Bernard comptait parmi ses plus zélés partisans plusieurs membres du haut clergé.
Nous adoptons, sans hésiter , la version reproduite par les écrivains français , version qui s'appuie sur des faits publics, un jugement, une longue procédure , des supplices , des exils, puis des recours en grâce , ce qui établirait au moins la présomption d'une faute grave commise par Bernard et ses adhérens, ou, disons mieux, de quelque acte de leur part, attentatoire aux droits plus ou moins contestables que s'arrogeait, sur la Lombardie, le successeur de Charlemagne. D'ailleurs , comment concilier le supplice de Bernard, victime par les ordres d'Hermengarde à l'insu de Louis, avec cette
amende honorable et les remords publics dont nous allons bientôt voir ce faible monarque donner le triste spectacle en expiation de la mort de son royal neveu ?
Quant au motif attribué aux historiens français par Giulini , fondé sur les ménagemens dont ils auraient cru devoir user envers une reine de France , nous nous permettrons de dire qu'une telle supposition nous paraît par trop futile pour un aussi grave esprit.
Quel besoin, en effet , d'altérer la véracité de l'histoire , pour un crime de plus ou de moins à décrire dans ces temps reculés si féconds en for faits de tous genres ?