LIVRE Ier. CHAPITRE V
gie de son système, tourna en dérision plusieurs rits usités dans le catholicisme, et traita de gros ânes tous les évoques ses adversaires , et notamment ceux d'Italie (1).
On vit , pendant ces pitoyables querelles , Louis gémir des scandales qu'elles amenaient i et les condamner, sans oser retirer sa faveur à celui qui, après les avoir fomentées, les propageait audacieusement, encouragé qu'il était par l'impunité.
C'est à travers ces déplorables controverses , de plus en plus violentes et compliquées , que le faible fils de Charlemagne, incapable d'y mettre un frein , traînait sa royauté avilie ; les grands , le peuple , le clergé , éclataient en murmures. Nous verrons bientôt les membres les plus influens de ce clergé , se rendre complices de la coupable ambition des fils de ce malheureux monarque, et les seconder dans leurs parricides saturnales (2). Mais n'anticipons pas sur les événemens.
(1) GlULINI, T. 1er , anno 827. — AN1SS. Bibliot. des Pères, imp. à Lyon, T. xiv.
(2) Une autre erreur tenta bientôt après , mais vainement, de se faire jour. Le moine Goltschalk ayant émis sur la prédestination des principes contraires aux maximes de l'Eglise, Hincmar, dont nous aurons occasion de parler, chargea Jean-le-Scott ou Erigène de réfuter ces opinions subversives. Jean, plus philosophe que théologien, tomba,
À la mort de l'infortuné Bernard , Pépin, son fds , avait été exclu du trône de Lombardie. Louis voulut lui-même tenir les rênes du royaume qui commençait à supporter si impatiemment l'autorité trop absorbante que Charlemagne, d'abord, et après lui, l'empereur Louis, s'étaient arrogée sur leurs rois (1).
Le débile monarque , comme s'il se fût senti plus fort que son glorieux père, s'essaya à porter un sceptre dont le poids avait paru lourd au bras du fondateur de l'empire.
Le grand roi, non content de se montrer, en plusieurs rencontres, aux peuples d'Italie, avait, pour mieux s'assurer de la soumission et de la
eu voulant combattre l'erreur, dans des erreurs plus graves. Il fit revivre le néoplatonisme qui , prétendant prendre pour point de départ la raison humaine, établit le libre examen, proclame l'unité de la substance et de l'être, réduit l'individualité des êtres humains à la condition de pur phénomène, de fait transitoire , les absorbe au moment de leur mort dans le sein du grand tout , et s'écrie : Dieu est tout, tout est Dieu ! Ceci est tout simplement le panthéisme qui, de nos jours, trouve des preneurs et des adeptes.
« Cette doctrine , dit M. Gtjizot , * n'avait plus guère » pour organe et pour défenseur au IXe siècle qu'un phi- » losophe errant (Jean Erigène), favori d'un roi sans pourvoir (Charles-le-Chauve). La clameur contre cette doc- » trine fut aussi générale que violente. » Ces dernières lignes sont une nouvelle réfutation de l'inconcevable asser lion de Voltaire.
(1) GlULINl , lib. il.
* Iltst. délai iv.cn France. I. 2*. liv. XXXIX* p. M&