‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 8 sur 246 · LIVRE Iê|. CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

LIVRE Iê|. CHAPITRE Ier

tance de Luithprand ; le roi lombard s'était hâté de lui porter secours. A l'approche des deux armées, les Sarrasins évacuèrent les contrées qu'ils venaient d'envahir.

C'est peu de temps après le succès de cette coopération des Lombards que Charles-Martel eut à répondre aux messages du pape. Les grands de la terre gardent quelquefois la mémoire d'un bienfait reçu, mais jusqu'à l'heure seulement où l'intérêt de leur politique leur en prescrit l'oubli et leur commande l'ingratitude. Il est rare que cette heure tarde à sonner. Deux fois Charles , alléguant des traités qui le lient avec Luithprand, renvoie au Saint-Père, avec des présens magnifiques, mais sans aucune promesse de secours armé , les légats qu'il lui a députés. Il prend toutefois le parti de la négociation avec le roi lombard, et lui représente qu'un prince chrétien ne peutr en honneur et conscience , tourmenter le père commun des fidèles et s'emparer des biens de l'Église. Luithprand se montre sourd à ces remontrances que n'appuie aucune démonstration menaçante.

Grégoire , que ne peuvent rebuter les hésitations de Charles , le supplie , pour la troisième fois, de lui accorder un secours plus efficace : jugeant que le plus sur moyen de le déterminer

est de flatter son ambition et son intérêt, le plus fort des stimulans , il lui offre le consulat.

Charles se laisse enfin séduire par cette promesse et signe un traité avec Rome dont il se déclare le protecteur; il se disposait à passer avec une armée en Italie , quand il fut attaqué d'une maladie qui le conduisit au tombeau. La nouvelle seule du traité sauva Rome de ses dangers présens. En effet, dès qu'il en avait eu avis, Luithprand s'était hâté de restituer au Saint- Siège toutes les terres qu'il lui avait enlevées , et dont le revenu annuel s'élevait à plus de trois mille livres d'or.

L'issue de ces querelles fut donc pour le moment bien pacifique ; mais elles eurent pour effet immédiat d'attirer l'attention et les regards des princes francs vers l'Italie, et, pour résultai final, de détruire, dans cette belle contrée, la puissance non seulement des empereurs de Constantinople, mais encore des rois lombards, qui se perdirent en voulant s'enrichir des dépouilles de l'Orient et du Saint-Siège.

Grégoire III et Léon ne survécurent pas longtemps à Charles-Martel. Zacharie remplaça Grégoire; il réconcilia Luithprand ;i\<kc ta chairs de saint PierteeJ en obtint de grands avantages.

Mais au point où on étaient les choses* le?

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