LIVRE H. CHAPITRE 1er
après la chute du jeune Romulus Augustulus, à la tyrannie d'Odoacre, roi des Hérules , elle devint la conquête de Théodoric, roi des Goths. Ce jeune monarque , élevé à la cour de Constantinople, ordonna par un édit l'observation, dans ses nouveaux États, des lois et coutumes romaines auxquelles il soumit également les Goths.
A l'exception des emplois militaires qu'il confia à des chefs de sa nation , il rendit aux Romains (1) tous ceux qu'ils avaient possédés. Son glorieux règne dura trente-trois ans. Ce fut une ère de repos et de bonheur pour l'Italie, bouleversée depuis long-temps par de sanglantes convulsions.
Dix ans après sa mort , Rélizaire enlève à ses successeurs Rome et presque toute l'Italie méridionale qu'il réduit sous la domination de l'empereur d'Orient. Vainement Totila et Teja, derniers rois des Goths , luttent avec un héroïque courage et des efforts que couronnent d'abord d'incroyables succès, contre la puissance de Constantinople ; l'eunuque Narsès , général des armées de Justinien, et qui comptait les Lombards parmi ses troupes auxiliaires , livre aux Goths
(1) Pour les barbares venus du Nord, tous les peuples conquis par les armes de ïlome étaient compris dans la dénomination de Romains.
une bataille sanglante et les réduit à lui demander la permission de sortir des terres de l'empire avec tout ce qui leur appartient ; Narsès y consent. Ainsi finit la domination des Goths en Italie (1).
Cette domination, nous l'avons vu, n'avait rien changé aux coutumes de la péninsule italique qui resta soumise à la loi romaine.
On sait l'ingratitude et l'insulte qui furent le prix de la conquête de Narsès. A l'appel de ce général outragé , les Lombards , sous la conduite d'Alboin , quittèrent la Pannonie que leur avait abandonnée l'imprudence de la cour du Bosphore, et inondèrent l'Italie (2), traînant avec eux leurs femmes et leurs enfans. C'était la nation lombarde qui venait porter ses pénates sous le beau ciel italien.
Alboin, proclamé roi par le peuple de Pavie\ lit de cette ville la capitale de ses États.
Dès leur arrivée en Italie, les Lombards couvrirent de sang et de ruines leur nouvelle conquête (3). Long-temps on vit cette malheureuse contrée, morcelée, déchirée par l'ambition el la cupidité de trente ducs lombards qui sélaicni
(1) Aimée 55:>.
(2) Gujuni , Star, d\ Mil., T. i.
(3) PUFFENDORFF.