‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 92 sur 246 · LIVRE II. — CHAPITRE lor · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE lor

constitués gouverneurs d'autant de villes contre la volonté de leurs rois. Les successeurs d'Alboin ne purent jamais se rendre complètement maîtres de cette insolente oligarchie.

La royauté chez les Lombards était-elle héréditaire ou élective? Tacite a dit, dans sa description des mœurs des nations germaines :

Parmi ces peuples , la naissance fait les rois.

On pourrait appliquer ces paroles du grand historien aux Lombards , maîtres de l'Italie supérieure , si on les entend comme l'ont fait les continuateurs de Puffendorff : que la royauté y était tout à la fois héréditaire et élective.

Elective , parce que les grands et le souverain , de son vivant , désignaient souvent le successeur au trône.

Héréditaire , parce que le choix tombait toujours dans la même famille, et, pour l'ordinaire , parmi les fils du dernier roi mort.

Un exemple contraire à ce dernier principe fut donné toutefois par les Lombards ; disons mieux , cet exemple , trop remarquable pour n'être pas rappelé, fut une consécration du droit et du principe d'hérédité , s'il est admis que la possession d'un trône ne donne pas réellement le titre et le caractère de roi à celui qui ne s'en est emparé que par la violence ou la ruse.

18() PREMIÈRE ÉPOQjJE.

Grimoald , roi usurpateur , mourant après un long règne illustré par de grandes actions, avait désigné pour son successeur Garibald son fils. <( Ce jeune prince , » ditPuffendorff, « ne porta » pas long-temps la couronne , et rattachement » que les Lombards avaient eu pour Grimoald , » ne fut pas assez fort pour les empêcher de » reconnaître , comme leur souverain , Pertharit » ou Bertharit, fils d'Aripert, leur roi légitime. » Ce prince , qui s'était réfugié en France, » pensa que la mort de Grimoald était une occa- » sion favorable pour remonter sur un trône qui » lui appartenait ; il se rendit en Italie , et eut » la satisfaction de voir ses sujets s'empresser » à lui rendre leurs hommages. Garibald, aban- » donné de presque tous les Lombards, fut » obligé de prendre la fuite, après avoir régné » environ trois mois (1). » Voilà pour ce qui est de l'hérédité du trône chez les Lombards.

La première religion des Lombards avait été le polythéisme, non tel que le comprenait la vieille Rome, mais avec des dieux qui avaient leurs noms germaniques et leurs attributions particulières.

Les Romains qui ont écrit sur la Germanie onl donné à ces dieux , dans leurs relations , les

(I) PUFFENB., T. Il , li\. Il , rhap. il , pages 59 el <>0

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