‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 98 sur 246 · LIVRE II. CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE Ier

pour tous , les revers communs , la gloire commune : tous seront appelés à profiter des améliorations progressives apportées aux lois et aux coutumes. La loi de Luithprand, cette loi de mort, sera rayée par les Francs des codes de Lombardie ; enfin , comme nous le démontrerons par les faits , la fusion entre les vainqueurs et les vaincus ne devint une réalité que sous la domination française.

Ce que nous avons dit de la succession au trône chez les Lombards peut s'appliquer aux Francs , notamment pour le royaume d'Italie.

Le trône fut héréditaire et électif dans l'acception que nous avons développée; mais le choix dépendit souvent plus de la volonté du souverain que d'une diète générale , bien que les Francs aient constitué ces sortes d'assemblées plus régulièrement que les Lombards.

A ces diètes y furent convoqués les seigneurs laïques et les évêques (1) d'Italie , satisfaction

(1) Il n'était encore alors question nulle part de communes.

Voltaire dit que les évêques, avant Pépin, père de Charles-Martel , n'assistaient pas aux assemblées de la nation franque. Il ajoute que, selon les annales de Metz, ce même Pépin, premier du nom , maire du palais , procura cette prérogative au clergé. Voltaire voit dans cet acte le premier

que les Lombards, nous l'avons dit, paraîtraient avoir dédaigné de leur donner (1).

Dans les cas graves et d'un intérêt général , le souverain avait l'habitude de rendre ses décrets, assisté de la diète. Plusieurs capitulaires furent publiés par Charlemagne et ses successeurs avec l'adjonction des assemblées générales ; mais, pour beaucoup d'autres édits non moins importans, cet empereur et ceux qui occupèrent le trône après lui , se délivrèrent trop souvent de cette gêne et se trouvèrent assez de puissance pour n'invoquer que l'autorité de leurs propres lumières et de leur seule volonté.

Les rois , en croyant par de pareils actes forfondement du pouvoir temporel des évêques et des abbés en France et en Allemagne. ( Hist. gêner. , T. Ier, chap. xm. )

(1) Charlemagne trouva dans ces assemblées générales un vaste moyen de gouvernement ; il y puisa , comme le fait observer M. Guizoï, * non seulement de sages avis sur la législation à fonder , sur les réformes à introduire dans les lois existantes , mais des renseignemens utiles et précis sur l'esprit et les dispositions plus ou moins hostiles des diverses provinces habitées par les membres de ces assemblées. Il trouva aussi dans ces réunions, dont il était l'âme et le centre , une occasion de donner partout l'impulsion de sa volonté. Il y eut sous le règne de Charlemagne, depuis 770 jusqu'à 813 , trente-cinq diètes générales dans la monarchie des Francs. C'est presque une assemblée par an.

> Biit. dv (a Civil., T. 2, leç. 20,

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