‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 99 sur 246 · LIVRE II. CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE Ier

tilier leur autorité , s'isolent des autres pouvoirs de l'État dont le concours , dans de grandes crises, leur devient si utile; et Ton voit ensuite ces autres pouvoirs , usant de représailles à l'égard de la royauté , s'assembler, délibérer et voter souvent sans elle et contre elle.

On ne saurait trop le redire parce qu'on l'oublie trop souvent : le respect pour les droits d'autrui est une sauvegarde contre les atteintes à nos propres droits.

Charlemagne eut pour premier soin de déterminer, dans sa nouvelle conquête, les attributions des fonctionnaires tant ecclésiastiques que laïques. Il conserva du passé ce qui lui parut sagement établi.

Disons d'abord que , comme en France , et sans que les attributions en fussent réglées par des dispositions spéciales , les rois de Lombardie instituèrent auprès d'eux, dès les premiers temps de l'occupation, un comte du palais , dont la place était la plus éminente du royaume.

Pépin confia, en 801, ces importantes fonctions au comte Ebroard; Muratori pense , qu'avant Ebroard un certain comte Echerigo les remplissait. Les comtes du palais avaient tout le royaume sous leur juridiction ; les causes

graves leur étaient directement adressées, ils les jugeaient eux-mêmes ou les soumettaient , quand elles étaient trop épineuses , au roi ? qui souvent leur abandonnait , même dans ces cas jj le soin de statuer.

Après ce poste hors ligne , venaient les premiers dignitaires qui, ressortant immédiatement du roi ou du comte du palais , avaient sous leur autorité d'autres fonctionnaires d'un ordre inférieur.

Ces premiers dignitaires étaient 9 pour les affaires ecclésiastiques , les archevêques métropolitains et les évêques; et pour les affaires séculières, les dues 9 les comtes et les commissaires royaux.

Les archevêques étaient, comme aujourd'hui, les chefs ou les premiers des évêques dans une certaine étendue de pays (1) ; on les appelait aussi évêques métropolitains, et ils avaient plusieurs évêques suffragans.

(1) On donnait aux archevêques et aux évêques le titre de Dominus ou Domnus; delà, dit Giulini, la dénomination de vice -dominus.

Plus tard , les abbés et même les moines lurent appelés aussi Domini, Domni. Beaucoup d'abbés, à mesure qu'ils croissaient en richesses et en puissance, obtinrent aussi de porter des marques épiscopales telles que la mitre * et U crosse.

* Ou du moins le brrrel <|ni nu tenait lieu,

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