CHAPITRE II
Conspiration de Gualberl et d'Ëverard. — Leur chAtiment. — Hugues associe Lothaire son fils au trdne lombard. — Il convoite la couronne impériale. — Lâches calculs de son ambition. — Infâmes projets. — Il les effectue. — Sa faite de Rome. — Il revient pour attaquer cette ville. — Résistance d'Albéric. — Hug;ues est contraint de lever le siège. — Nouvelles trames contre ce prince. — Nouvelles invasions des Sarrasins. — Mort de Jean XI. — Léon VU lui succède. —Efforts de ce pape pour réconcilier Hugues et Albérie. — Mort de Léon YII. — Hugues est insensible aux maux qui désolent l'Italie. — Ses caprices. — Ses haises. — Ses déportements cyniques.— Adélaïde.— Le drame approche de son dôtoùment. — • Mort de Pierre Candiano. — La fêt9 de$ mariés k Venise.
Deux juges de la Tille de Pavie« Guaîhert et Êverard, dit Geztm S puissants par leurs richesses, par Tillustratioa de leurs familles et le nombre de leurs adhérents, furent les premiers à méditer la perte de Hugues. Muratori, pas plus que Liuthprand, ne précise la cause qui arma contre leur souverain ces deux nobles habitants de Pavie, dont Tun, Gualbert, avait pour gendre Gilbert^ comte du palais. Quelque ignoble attentat * commis par Hugues contre l'honneur d'une de ces deux puissantes maisons, dut être le premier mobile de cette coospiration que rœil méfiant et toujours ouvert du roi déjoua dès sa naissance. N'osant d'abord attaquer de front le complot dont il cherchait à connaître l'importance et les ramification», il fit avertir les
* Liuthprand, HUL, lib. 3, cap. 10.
' MuRATOiii (tome Y, année 938) nomme parmi les maîtresses de ce roi dissolu, Rose, fille de Gualbert , dont il eut un enfant. Ne pourrait-on pas attribuer à cet outrage le juste ressentiment de Gualberl? A moins qu'on ne veuille penser, chose monstrueuse, que cet amour ne vint qu'après le supplice du père; ce qui pourrait eo quelque sorte s'induire des paroles suivantes de Muratori : « In oltre amb forle Rozt » figlia di quel medesimo Gualberto, a cui egli avea fatto tagliare il capo, laquale » gli partor) una bellissima figliuola. »
(c II aima aussi beaucoup Rose , la fille de ce même Gualbert, k qui il avait fA!t » trancher la tête; cette Kose le rendit père d'une très-belle fille. »