‹ Histoire de la conquête de la LombardieChapitre 103 sur 137 · LITRE III. — CHAPITRB II · texte numérisé non relu

LITRE III. — CHAPITRB II

j termina sa triste existence. Il eut poar saccessear au trAne ponti* fical Léon VII * . Loin d'ambitionner cette dignité devenue si fatale, le nouveau pape avait cherché à l'éviter , par l'appréhension moins des périls dont elle était entourée que de l'immensité des devoirs que lui imposait cette grande charge.

Un esprit de forte trempe se rend mattre d'une situation ou la faiblesse et l'impéritie n'ont rencontré que honte et péril ; la main de rhomme fort trouve à manier un sceptre là où un bras pusillanime a sabi l'étreinte d'une chatne honteuse.

Jean XI courbait sa tiare, rampait en esclave sous Âlbéric et moufait son captif et sa victime ; Léon YII , relevant la couronne pontificale et lui rendant en partie son éclat , osa prétendre et parvint à dompter le mattre farouche de Rome. Malheureusement ce pape , remarquable par la grandeur de ses vues , par la sagesse de ses démarches, par son aménité et sa douceur jointes à une grande vigueur (i*esprit et de résolution , fournit une carrière trop courte pour les besoins de la chrétienté.

Nous venons de voir reparaître de toutes parts les redoutables ennemis de la péninsule : les Sarrasins continuer leurs rapines et re* doubler d'audace ; les Grecs inquiéter quelques parages d'Italie ; les Hongrois, de leur côté, recommencer à faire acte de présence sur les frontières du Nord... Et nous avons gémi de voir, au milieu de tant de maux, le roi de Lombardie rester inactif et laisser la chrétienté en butte à mille nouveaux périls.

Léon VU, qui attribue en partie cet abandon à la discorde soulevée depuis trop longtemps entre Albéric et Hugues, cherche à rapprocher ces deux coeurs irrités l'un contre l'autre.

. D'abord ses démarches sont vaines ; mais il ne se rebute pas ; il sait qu'Odon *, abbé de Gluny, est doué de la plus persuasive éloquence» que sa parole est entraînante et irrésistible. Il fait venir de France le saint abbé dont les pieux efforts opèrent, au moins en apparence, le double prodige d'effacer du cœur de Hugues le ressentiment de son expulsion de Rome, et d'étouffer dans l'àme du fier Âlbéric l'amer souvenir de l'outrage que lui a fait son beau-père. Cette réconciliation fut scellée par le mariage i'Alda^ fille de Hugues, avec Albéric.

' GiULim. — McBATORi, anno 936.

^ Binaire de VÈglUe, B.>B., tome Y.

158 DBUSJÈMB ÉPOQUJB.

La mort vint aai^^t^adpe Léoo ¥11 m moment «u^ yar fiitte de cette Yidoire «or deux cœim ukéiéB et pervers , i méditait le salut de Borne et de ia ehrétieoté. Cette mont tivra de wmfem ÀMck aax penchants -et auK îMpiratfoMdeaaflatore baîBeuse. Le premiar acte de ce prince, que poursuivait tovyoïtrs tetcwenâf de fortrage reçu , fut , dès qa'il ne ae mBMfhn^i90§tiàÊmomo^4tiiKmVU^de signifier à Hvgnes, dont il seanéfiaîtdtt reole àîMie tttae^^va'îl ae lui laisserait jKlus renaettre les pieds dtas fiente^ On aent 4» 4|ee dut être pour un homme tel que Hugues ocMeènHque fiwecitiao i une nouvelle rupture; frtus qvie jamais le hean^fère etlefeaire se vouèrent «ne haine Inqrtaeahle.

Aindi se dissipa en un momeivtce rève^u'on aiwt ani réalisé {mr suite des pieuc €fffm^ de Léon ¥11 et de la saiid» entMnise d'Odoo. fiome et la <iirâtSeHié retombèrent dans le pins tritte ahaad— dsfaat ks périls dent celles étaient tnenacées , et ^qu'^eèt o^alorés la Diûûiiciliatîon de Hugves et d'Âlbérie , ai «He eût été ainoère et dufakle.

Le roi de Lombardie, soit par une incurie €Qii|iaUa« soit ^orie venger d* Albérfc «t de ftoMe , «oit «enfin 4«'il jugeât que le taïKi» de eon intervention tutélaine «dans roes f^ves conjiûACtanes n'était pai venu encore , fit sourde «reiQe aux clMneurs qui s'élevaient fW lai comme jadis vers Louis II et Bérenger ;etil donna le iristeapectacie d'vn roi puissant, froid et insensiMe àfaspeot4e tant denialheufs publics , satisfaH de quelques succès momeotanés^xiotre das lUHMpimtions intérieures , absorbé par de miséraMes Mrfgiies , oroiipiflsaflt dans la fange des déAwuches les ptus effrénées , et oe cédant qa'à l'impulsion de ses caprices fantasques et de ses haines naanrtriàM*

Hugues avait ravi le duché de Toscane è un firère aftérin t fior ao doter Boson , son autre frère. Maintenant cfest Beaon ^m déplatt , c'est Boson qu'on netrouve pas encore asses docile, dont onaaméA^ et que f on accuse de tendance à la révdlte ^ . Hugues <*aane BaBon « le jette dans les fers , s'empare de ses ri^iesses ^ donna le duché de Toscane à un de ses nombreux bAtards , Hmbert , fila de Wddm^Uk-

Sur ces entrefaites , Itinin , archevêque deMUan , Tient à mourir. L'historien Àmoîphe raconte * que le^oi de Lomhardie» voulant lefluplacer ce prélat par un jrutre de^es bMards , trop jeune eneare pour

* LiiiTDPRjCND, lib. 4, cap. tf .

■ Arnclfcs, BUtonaJUediolanemis, tome ly^ Mer, il^il.

UYRB m. — OÊàmxB n. 159

occuper le jiége ^iscopal , fit nmniiier archevêque le tieîl AUéric qm^ en raison de son grand ige , semblait ne pas devoir prolonger longtemps encope la carrière : naiSy «îoote ArnoIpheS w>yaBt q«e le INrélat ne «e bâtait pas<de laire ie grand Yoyage , Hugaes rassmUe une ^tiète i Pavieet floolèv« contre les Milanais^ sart«at contre leur archevêque , des grieEs tels <que l'on fait mardiBr des tnoupes sur cette viUe , qui eai attaquée et eavahie sur tons les points à Tisiproviste. Hugues espérait avoir , dbtns ce audit, bon aarefaé de la fie du prélat ; nais Aldéric échappa au périL Qsafa^HângMiK nobles milanais périrent victimes de cette injuste ags^essioB.

Le roi, dit«no(»e Amolphe, donaa éaesiawile, à fégMaede Mikn, enexfttitimdbBafjHite, l'abbaye de iKoMmtelc , sitnéedans le comté de MrpéèTàe^ei-quœpropiernomageii^guijmiMCurUêêkv^ ««la perhiietêtr.

Muratori n'admet ni ae repousse tontes les amerticnsde ce récài ; il n'ose pas non plus accneittir sansiréserve, malgré tont le scandale de la honteuse vie de Hugues, le Caét smvant que rapporte la Ckromifue

D'après oe vidl écrit , Hugoes^ i peu près è la même époque, aurait forcé ^m de ses fibi prendi» une épouse de «on choix, et cette époufie ne aérait arrivée au lit du fibqoe déAonorée par la iirutaie passion 4ai père. O mfml décrie le moine chroniqueur : Oi^imno

IHDOHITA ^ 1

Au mtlten de toutes ces turpMudes panitt, pour la prcnnèiie fais , un nom dant le pur éclat brille dans ks tristes araialesde cette «époqne, comme une étoile solitaire dans un ciel chargé de tempêtes. Saluons la ^tfosBéù cet astoe si eaux « d'Adélaïde ^ iliede fiodolphe U et aœur de Canrad ^que la mort de son pè» a bât roi de Bomgogae ; d^ Adélaide, ange de gr&eeet de bonté, enfimt qui ^«mpte hait jnnées à peine 9 fleur d'innocence dont le suaife paifum se mètan, «ans rien perdre de aa pureté, anx miasmes délétères d'une oa«r corrompue !

Adélaïde est fiancée à Lothaire % cet aômaUe et bon Jeune bomme, ce fils de Hugues , associé par son père à la royanté, mats non frais

^ Nous reproduisons ce rtcU d'Arnolphe sans y «jouter une foi entière. » Chronie. Novalensis, partie 2 , tome II, Her. Uàl., cité par MuRAToai, tome V, page 316.

' GlULlMI. -* HuRATORly 938.

160 DEUXIÈME iPOQUE.

aax infamies qui souillent ce triste règne. Lothaire était digne d'Adélaïde ; une mort prématurée le punira d'avoir cédé à Vélan d'une noble générosité : la fille de Rodolphe, détenue veuve » persécutée par le meurtrier de son mari , désolée et longtemps fugitive » finira » épouse vertueuse , par partager la couche du plus grand homme de son siècle et deviendra l'ornement du plus beau trône de l'univers.

Nous arrivons à la dernière période de ce drame qui s'ouvre à Gharlemagne et finit à Othon le Grand.

La catastrophe qui se prépare n'est à nos yeux qu'une conséquence logique de la trop longue victoire du génie féodal sur les grandes monarchies; cette division indéfinie et toujours croissante des sociétés, ce grand fractionnement des États , cet affaiblissement général de toutes les royautés» ce conflit tumultueux et sans arbitre d'ambitioos subalternes et rivales, ces désastres récemment éprouvés » ces périls prêts à fondre encore de toutes parts et qu'aucun de ces princes secoih daires ne saurait conjurer, soit que le sentiment de leur propre faiblesse glace leur courage, soit qu'un égoïsme desséchant ait engourdi, paralysé leurs cœurs et leurs bras ; tous ces maux appellent un remède ; et par une réaction nécessaire, inévitable, les esprits fatigués, remontant aux causes de tant de désastres, vont plus que jamais sentir le besoin d'évoquer une puissance forte, compacte, protectrice, telle que la chrétienté la vit apparaître et quelquefois lui venir en aide aux beaux temps de Gharlemagne et de sa dynastie... Mais c'en est fait des Garlovingiens ; leur règne est fini : l'abus du principe qui avait fait leur puissance et qu'ils n'ont su ni régler ni combattre, a entraîné leur ruine.

Un nouvel ordre de choses va se faire jour sous l'influence de la nation qui, jusqu'alors, a su le mieux se prémunir contre les excès d'un régime fatal aux peuples et aux rois , sans toutefois s'en être complètement préservée. Nous insistons sur cet étrange jeu de la destinée. Le gouffre qui , avec Hugues et ses deux successeors, ta engloutir la puissance séculaire en Italie de la lignée tant française qu'italienne de l'exterminateur des Saxons, va se refermer pour serrir de base dans la péninsule, à la domination d'un prince d'origine saxonne; le trAne impérial d'Occident va devenir le partage de ce même prince qui, comme le glorieux fils de Pépin le Bref, recevra de ses contemporains le surnom de Grande que sanctionnera plus tard l'impartiale postérité.

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