‹ Histoire de la conquête de la LombardieChapitre 104 sur 137 · UVRB III. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

UVRB III. — CHAPITRE II

Depuis quelque temps» nous l'avons vu» les princes de Germanie auraient pu ajouter la Lombardie et la couronne impériale à leur diadème ; cette double conquête eût été facile pour eux, si Rome et la Lombardie avaient été seules consultées ; mais les bords du Danube avaient , eux aussi , leur bonne part d'embarras et de vicissitudes. Nous ajouterons que l'humeur changeante» inquiète, intraitable des Italiens, n'était pas le moindre obstacle qui retardât la prise de possession déQnitive par les princes germains de ces deux couronnes naguère si enviées. L'étoile et le génie d'Othon le Grand sauront triompher et de ces appréhensions et de ces obstacles.

Nous allons voir Hugues , et après lui Bérenger II , ces deux indignes descendants de Gharlemagne , lutter d'intrigues , d'astuce et d'iniquités pour précipiter à leur insu le dénoûment de cette grande révolution.

Combien, dans l'aveuglement de leur orgueil , les hommes s'imposent d'efforts pour hâter leur propre ruine, croyant ne travailler qu'au proflt de leur ambition !

Quos Deu8 perdere wdt demenlat.

Avant de pénétrer dans cette voie dont la pente devient si rapide, jetons un regard sur la cité de Venise, dont les mille canaux, dont les fies déjà si peuplées et si florissantes retentissent d'hymnes tristes et funéraires.

Pierre Candiano est mort et la république le pleure * . Sage, probe, expérimenté; aussi résolu dans l'action que prudent au conseil ; n'ayant qu'une pensée, qu'un but, le bonheur et la gloire de la patrie commune ; ferme protecteur des intérêts privés, ne mettant en oubli que ses intérêts propres ; soutien inébranlable de l'ordre au dedans , basé sur le respect et le maintien des droits de tous et de chacun ; inflexible pour le redressement des griefs de la république contre l'étranger dont il ne laissa jamais aucune insulte impunie, aucun tort sans juste réparation : tel avait été ce doge que venait de perdre Venise , et dont cette ancienne reine de l'Adriatique et des mers continue à honorer la mémoire.

On se souvient encore à Venise que les fiers habitants de Justinepolis (aujourd'hui Capo d'Isiria ) furent contraints par ce doge de venir tous les ans dans la ville des lagunes porter un tribut» en expia-

* DiNocLus, ïn Ckronic» Renm Ualic, anno 999.

Mki J

tîM de grwR» donmagea ea«é» par ces piratn à Is rtpiridiqQe.

Atnâ Winierr iDMrqois df i«frâ, qui depuis longtcmft dfaK>hit par dfinlolénMea TCiatkm le conmieroe et ks^ marchands yénitieos, avait (ià aobir à see taur la Un de Pierra Candian» , et d'oppuaneur de VeaiseeiadeveBir le tribvtaire.

Legoodoiier da Cmnal GramdBj le mardnnd de la plaea de Sm- Mmc9 aida pent de RiaUa , le gardien dn pains ibtcâlj s'émeaveat eMore a»neaade Fiene Cméitmoqmaà iia vean fanfc h lédf et vma espUfaenl les eanses de !& fête conuBénioraftiYe et anaocBe si longtemps conservée à Yenîae SMsle wnm de I» FémdufMrih...

Yôci ce fn'ila voea racontent :

La répnbUiiHe de Venise dotaii aaaaieHsment dcraze jeanes ffla. La feiHe delà Cbowbbar^ ceahanrenaes fiancées reeefaientf anneau de rtiymen, et le même jour était consacré aux plus brillantes onkHH dons les dBaseï éterécv. Ces ofrémonies nupHate se aélébiaiert dans rile d'Oiitwfey. siteée à rextiémité de la nwrfeiUeuae rifle cpn, fraîche et brillante, se mirait dans les flotada aamerpaiaîUe.

Un jour, c'était la veille de la Chanieùurr on rit des fliynades de gtoadoteB éfinerimtes de riches oraemenls , serpenter» gUaser le long ém édifices de k cité, et porter à l'tle heureine des essaioB de jeanes époasea magniAGpmaeBt parées ^if entomtenl leurs- parents» leurs amis, et que suivaient des fiancés ivres de bonheur et d'espénace. L'Mr dfQUvolo, ornée ds haaalff rôles et de goiriaDdes de flems dont les mille festons parfuaKat les airs, reçoit cette fionle élégante qui» eBaliordantas rivage,, la salaa de se» chants jeyeax et se Arige vers k sainte demeuse. ... Des eenples d'amanla et d'époax moins riches es parurtff» mais aani fratchmnanEt eoetaBBésy aussi radîeaK de joie, aosn beaax et pias brayants encore, soivaient les éilis dete riehesse et da loDoe; partovt et paar loos il y avait là écbo de dianls d'allégsesse, échange de éoaces paroles. Tonte cette fouie, »'achearinaDt iKs» la: sainte chapelie dm lien , alla s'agenoniller sor les dallas du saoctBaire. Elk priait, elle diantait de saints cantiques, quand toot à coup retentit un cri sauvage suivi de féroces clameurs : les chant» pwos ^arrêtent; ko foix menaçante» s'approchent et redoublent 4'édat ; chacm preasenk on danger terrible : oo frémit^ o» se presse, oaisa porto ont fiofoie vevsks pofta»de k piense demeaie pooraisayer

de fuir, mais il n'est plus temps Des pirates d'/s<m, dans l'espoir

d'une riche proie, étaient vena» se cacher ea embuscade dans l'He

Page 1