LIVRE uu — CMàwmm IV
pham himiaaift ; le x* sîède, ce siècle de fer, ëe barbarie et dlgooraDoe, eut aossi «m grand homme dam Otbon de Germa&ie.
BmtiUA rOrieBt et rEoiwpe eurent leurs legards fisés sar ce mo- Darque , et Ton pressentit de grands événements k k venue d*un de ces bnmflies qui , ëans des moments de crise décisive , arrivent sur la scène da monde comme des soiutioDs vivantes et proTîdentielles de q ueiqae grand praUème.
Quand le génie féodal dut, au vin'siècle^ remporter sa victoire sur les vieilles royaaftést Pépin et Cfaarlemagiie furent là pour accomplir IVeuvre, mais aussi {Kwr comprinaer te principe qui les avait fait triompher. Noos avons vu ce principe , dans son développement logique et son application rigoureuse, ruiner les arrière-descendants de ces deux grands hommes. Puis l'esprit des peuples , désillusionné par Veaucès et l'abus de ce même principe, n'a bientôt plus aspiré qu'à un autre ordre de choses. Et quand un moment s'est fait sentir le besoin d'une réaction des grandes monarchies contre le fractionnement des empires ou l'isolement des petits États, œuvre fatale de la féodalité , Thomme qui avait mission d'accomplir ce grand acte» Othon de Germanie, n'a pas tardé à paraître sur les pas de Henri rOiseleur qui lui avait préparé la voie , comme jadis Peiûn le Bref l'avait fait pour Charlemagne..* Comprenant les tendances et les besoins de l'époque, compris lui-même par son siècle, il fut pour les peuples comme une boussole de salut dans leur grand naufrage. La liOD^rdie eut sa part de cette fascination ou plutét de ce juste enthousiasme, et die ne tarda pas à entrevoir dans Othon le futur réparateur de tous ses maux.
Peu de temps avait suffi à ce monarque pour inspirer la plus entière confiance aux princes, aux nations, aux individus, à tous enfin. La reine Berthe, la veuve vertueuse de Rodolphe , la mère d'Adélaïde , avait besoin d'un tuteur pour son jeune fils, roi delà Bourgogne transjurane : elle crut , dans sa tendre sollicitude de mère , ne pouvoir porter son choix que sur Othon * .
Ce fut encore à Othon qu'Adhélard , dans la position critique ou se trouvait la veuve de Lothaire , crut devoir adresser ses doléances et ses demandes de secours ^. Un fidèle messager fut chargé par l'évéque de Reggio de se rendre auprès du roi des Germains.
' PuFFEND., Introd, à VHUt. de Vunw.f livre H, chapitre % Bmp. d*ÀUem. ' Saint Odillon et les autres poêles ou historiens déjà cités.
La beauté d'Adélaïde » ses aogéliques yertus , les malheurs de son \euvage, les indignes traitements qu'elle avait supportés avec tant de résignation » enfin sa captivité et sa fuite mystérieuse avaient eu du retentissement à la cour de Germanie.
Othon n'avait pu entendre le récit de tant de merveilleuses choses sans en éprouver quelque émotion... Ce que vint lui raconter l'envoyé secret d'Adhélard ne fit qu'augmenter l'intérêt déjà si vif que lui inspirait la fille de Rodolphe.
La politique, peut-être aussi un autre sentiment plus tendre et moins désintéressé que la pitié , vinrent donner plus de force aux sympathies de ce prince pour l'auguste victime qui faisait invoquer son assistance.
Et d'abord , la démarche qu'on demandait à sa générosité n'allaitelle pas lui ouvrir les voies de la Lombardie , de cette Lombardie qu'avaient déjà possédée des rois germains? Elle était belle cette couronne que Henri l'Oiseleur, son père, avait refusée, soit par crainte, soit par dédain , mais qui ne lui paraissait à lui, Othon , ni tant à dédaigner, ni tant à craindre ^ Et puis, Othon s'en souvient : la Lombardie ne servit-elle pas jadis d'échelon à Gharlemagne et à d'autres rois après lui, pour monter au trône impérial des Romains ?
Quant à l'autre cause, quant au doux espoir dont put se flatter en secret le cœur d'Othon, ne peut-on pas présumer que, veuf d'Êditke depuis six ans , peu satisfait du seul fils qu'il avait eu de son premier tiymen , et privé ainsi dans l'éclat de sa gloire des plus douces consolations et des affections les plus nécessaires de la vie , ce mooarqae ait conçu dès lors le dessein d'associer à sa brillante destinée celle de la plus belle et de la plus vertueuse des femmes ?
Préoccupé de toutes ces pensées, il se montre touché des plaintes de rémissaire d'Adhélard , lui promet de concourir à la délivrance d'Adélaïde, dirige aussitôt des troupes sur la Lombardie, et donne le commandement de cette expédition à son fils Ludolphe.
' Qui peut dire si dès cette époque le développement progressif de Gènes , de Tcnisc et de quelques autres points maritimes de la Péninsule, ne fil pas pressenlir au génie clairvoyant du grand homme toute l'importance de Tltalie pour les contrées ■germaines, comme transit et débouché commercial, et aussi comme moyen puissant d'influence et de domination sur le reste du monde. Le monde alors , quant & FfS limites connues , était encore l'ancien monde romain , et la Méditerranée en était le centre vital.