‹ Histoire de la conquête de la LombardieChapitre 116 sur 137 · CHAPITRE l*^ — PHBMIÈRB ÉPOQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE l*^ — PHBMIÈRB ÉPOQUE

Des abofl qui tenaient aux mœurs des temps, et dont n'était exempt aucun autre peuple ; des exactions de quelques grands vassanx que les progrès de l'esprit féodal encourageaient dans leur ambition et leur cupidité, mais que les monarques francs cherchèrent à réprimer et que souvent ils chAtièrent ; quelques guerres lointaines où se pro* digoaient le sang et Tor de ses citoyens aussi bien que Tor et le sang de ses mattres, et dont Tissue, à la vérité, n'intéressait pas toujours directement la Lombardie ; enfin, d'autres guerres d'où dépendaient quelquefois son bien-être, souvent le salut de toute l'Italie, mais dont elle ne fut que bien rarement le sanglant théâtre, telles furent les misères qu'elle connut sous les Francs.

Mais ces sortes de maux se retrouvent aux époques les moins calamiteuses et les plus civilisées dans l'histoire de toutes les nations. Dommages passagers que rachetèrent de glorieux triomphes et les efforts des Francs pour ramener au sein du royaume conquis le bienfait des lumières et d'une législation progressive : malaise enfin qui, mis en balance avec les biens dus à cette domination de l'étranger, ne doit laisser dans la mémoire des peuples vaincus que des souvenirs de gratitude, et de la sympathie dans tous les cœurs.

Un trône à la fois électif et héréditaire, un pouvoir tantôt déféré par l'élection dans des assemblées de grands et d'évéques, sous l'empire de passions violentes et d'ambitions effrénées ; tantôt légué par la seule volonté du prince qui le quittait ; quelquefois échu par le droit et sous l'invocation de la primogéniture et de la légitimité ; d'autres fois, enfin , tombant aux mains du plus fort et, du plus prompt à le saisir , un tel pouvoir portait dans sa propre nature le germe de sa destruction prochaine.

L'abaissement de la royauté carlovingienne amena en Italie l'écroulement de la domination française établie par elle, et minée comme elle par le double vice de son origine, et d'une constitution encore plus flottante, encore plus indécise.

Trop dépendant de la couronne de France, le trône de Lombardie, outre les embarras et les périls qui lui étaient propres, dut chanceler à chaque coup de bélier porté à la base de l'édifice qui l'étayait. Et nous avons vu des mains lombardes pousser , elles aussi, à ce fatal ébranlement qui amoncela de nouvelles ruines sur les débris d'une domination à laquelle la Lombardie dut de si longues années de gloire et de prospérité.

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Les yéaAttblm mwx wat, da Cmd de la G^nawde» foaire iaett» sanmeetsiir ks coatrén itaUoHicii et se mêler tnx tounMBtes donl les germei dissolvaiite surgifaot du mI même de k péniasnfe.

Ère DouveHe « ère de troiMes, de ooafnsioii , d'anvcUe qv iim ausri ses moments d'éclat et de gloire, époque fiérrooK detramition, crise saoglaiite où va s'opérar en Lombard la tmsfsnnation définitive de la domination firâtoçaise en domination gsimamqoe.

GELAPITllE U.

Le testanent de Yempaetw Louis II frinit paver Y&ÊOfke et la Lomberdie à Lenis le Gemoni kpie ; mais le someiit de eette double prise dé posMflsioB par la fieiMsada s'était pas veotteocere.

L'andiMlifm de Gharka le GhaiiTe« en entravant Fesécuttoa des dispeeitioos testaaMDtaires de sm neiwu , ne fit que hftler Theofe des collisions et des troublas que ne pouvait ntanquer d'occasimin» la mort de edai que Louis II avait déeigiié pour son héritier.

Le eaurt passage de Chsrhs le Cilianf e sur le trône impérial craipiiqua ces causes de dés(»dres ; et ee fiit une Cstale déclaration que celle qu'arracha à œ monarque ranlente convoitise de rhéritage de Louis IL

En effet, en reeoanaissnit aux papes le droit de disposer de la courom» impériale, eta«x éi^èques de la Lombaidâe cdni de déférer la couronne de fer, Charles jeta l'È^ise plu» avmt qu'eUe ne rétaîi déjà dans le toorUBon des événements humai».

Assigner à l'ÈgUse nn réle ansri daagereusonent aetif dans ce triste conflit de nos passions , c'était tenter sa prudansa ; kà veconnattre uBe telle prérogalife sans la forée et la puissance néoessaira pour la soutenir, c'était compromettre sa <Ugnité ; c'était livrer le sanctuaire de la catholicité et le handean impérisl à la brutale meici des compétiteurs les plus audacieux et les moins dignes ; et œ danger était jdua que jamais menaçant.

D'antre part, en sanctionnant par un décret l'hérédité des dignités et des charges, en créant ainsi des droits là où il n'y avait eu encore avant lui que des abus tolérés, Qiarles le Chauve âbtrgit les voies d'envahissement à la Modalité. Les grands vassaux, las d'obëîri voudront

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être mittres ; leorg fronts essayeront des couronnes de rois, leors armes se disputeront des trAnes » et l'audace de quelques-uns grandira au point d'oser venir demander aux successeurs de saint Pierre Toctroi du diadème impérial.

Garloman , fils de Louis le Germanique , marche sur l'Italie pour disputer le royaume lombard à Charles le Chauve et prend le titre de roi de Lombardie du vivant encore de Charles » sans avoir ceint la couronne de fer. Il demande le serment des Romains : Jean VllI le lui refuse parce qu'il n'est pas empereur* et peut-être aussi parce que la santé chancelante de ce prince lui fait peu redouter les suites de son ressentiment. On trouve le secret de l'énergie de bien des hommes dans la faiblesse ou l'impuissance de ceux qu'ils osent braver.

Le pape qui , pour obtenir une trêve des Mores « consent à leur payer un tribut, court implorer contre ces barbares le secours du flb de Charles le Chauve qui , trop affaibli par les usurpations de ses grands vassaux, n'a que des vœux impuissants à offrir au pontife.

Jean YIII lui montre la couronne impériale et celle d'Italie ; le monarque français n'ose accepter ce lourd fardeau.

Boson, gendre de l'empereur Louis II et duc de Provence, aspire au trône de Pavie. Jean VIII le conduit au delà des Alpes : au lieu d'une couronne qu'il promet à Boson , le pontife lui fait partager la honte d'une démarche qui partout rencontre le blâme et le dédain.

L'audace de Boson a réveillé l'ambition des plus puissants seigneurs de Lombardie ; et tandis que Jean YIII, harcelé par les Sarrasins, fa^ tigue vainement les cours de France et de Germanie, et même la cour de Constantinople , par les offres incessantes et simultanées soit de la couronne impériale d'Occident , soit de la souveraineté en Italie , cette même Italie voit surgir de son propre sein d'audacieux aspirants à la succession de Louis II.

Le double couronnement de Charles le Gros comme roi de Lombardie et comme empereur précède de peu de temps la triste déchéance de ce prince , dont le règne fatal au reste de l'empire est marqué pour l'Italie par une expédition heureuse contre les Mores.

Ainsi , au milieu du désastre général de la chrétienté , nous voyons la dette de reconnaissance toujours s'accrottre pour l'Italie, envers le^ descendants de Charlemagne.

Aux bienfaits de la domination des carlovingiens était venu se joindre , pour là Lombardie et surtout pour Milan , la tutélatre et

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