CHAPITRE II. — DEUXIÈME ÉPOQUE
féconde administration de l'archevêque Ansperto. Toat, à cette époque, prospérait dans ces belles contrées ; tout y paraissait calme ; mais sous ce calme bouillonnait sourdement la tempête qui, pour éclater dans la péninsule italique , n'attendait que l'embrasement du reste de l'Eu^ rope.
Le génie féodal marchait aux conséquences extrêmes de son premier triomphe.
La faiblesse de Charles le Gros trouvant une égide dans le génie et l'audacieuse ambition de l'évêque Luitward , on écarte , on brise le bouclier et l'on frappe au cœur la monarchie. La tourmente qui renverse le trêne de Charles le Gros parsème le sol de rivaux ardents qui Yout s'en disputer les débris ; les plaines de Lombardie sont ensanglantées par les luttes de Guy, duc de Spoletti, et de Bérenger, duc de Frtoul , tous deux descendants de Charlemagne par les femmes.
L'un et l'autre rival se font couronner rois h Pavie, et tous les deux offrent l'hommage de leur royauté à Arnolphe, bâtard de Carloman, proclamé empereur par la seule diète de Tribur, assemblée où n'ont comparu ni les évêques d'Italie, ni ceux de France.
Cet exemple de vasselage donné par Guy et Bérenger, sera plus tard invoqué comme précédent par des rois germains qui, n'ayant pas môme le titre d'empereur, exigeront l'hommage des souverains de la Lombardie.
Àrnolphe, qui déjà avait sanctionné la royauté de Bérenger, hésite à reconnaître celle de Guy après la victoire du duc de Spoletti à la Trebbia. Guy, pour se venger de cet affront , court à Rome , se fait couronner empereur par Etienne Y, et force bientôt après le pape Formose , successeur d'Etienne , à sacrer sous le même titre son QIs Lambert.
Assiégé dans Pavie par les troupes d'Arnolphe, il lasse leur constance , leur fait lever le siège et bat l'armée de Bérenger qui s'était fait Tauxiliaire des Germains ; mais le bÀtard de Garloman vient luimême pour châtier le hardi vassal qui a osé s'emparer de la pourpre impériale. Guy et Lambert quittent Pavie à son approche. Arnolphe pénètre dans cette capitale , s'y fait couronner roi de Lombardie , et en laisse l'administration à Bérenger avec le titre de roi.
Bientôt il réparait en Italie; il dépouille Bérenger de sa royauté, et poursuit à Rome , puis à Ferma , sans pouvoir s'en rendre mattre, le jeune empereur Lambert que les Lombards, à la mort de Guy, son père, ont proclamé leur souverain.
â2S uns KÉffBOSKcnF.
Amoiplie, cauMiuié emyoreur i Rcme, 7 reçoit ées Remte et da pape un Bermeot équivoque qni rend le fiowermi pootilé connue rarbitre et lerégalttenr de ron aolerité impéride. Roi de Lomberdte, il voit bienlât » da food de sa coar genBâine où le letiest une lanté laDgaissante, Bérenger et Lambert se partager ce beau royaume sa» hrtte entre en , comoM sans craiste de mb roMBtiBieQt :et U laisse assiéger dans Milan, il laisse périr dans les tortures, ceux des seigneurs d*Itatie qui 8*étaient faits ses phis chauds aAéreRts.
Nous YenoDS de voir riafloence gemaniqne essayer ses forces en Italie ; mais la capricieuse versatilité des Lombards, avant de la sobir oomplétemeiit , va prolonger encore pour leur patrie la désastreuse épreuve des discordes întestines; elle va même livrer cette ricbe proie à l'ambftioe snbalteme de quelques graads vasBaux de Tantique couronne de France, jeones et nouveaux rois, qui déjà trouvent que ce n'est plus assez pour eux que de régner sur la Sonigogne ou la Provence.
Bérenger, par la mort prématurée de Lambert, devient seul nuttie de la Lombardie ; le vqbu des Italiens t'appelle à ce brillant héritage ; mais leur turbulente inconstance, source de tant demaux^ lui snsdte bientM un rivri dans le fils de Boson.
Louis de Provence passe tes Alpes, ae fait prodamer roi de Pavie , va prendre à Rome la couronne impériale sous le nom de Louis HT, el trouve, à son retour k Pavie, ta faveur des Lonabards changée en haine. Tombé au pouvoir de Bérenger qui lui fait crever les yeux, il rapporte dans son royaume tiérédttaire le vain titre d'empereur et la cécité.
A cette époque les Hongrois pesaient sur les Kmttes nordiques de l'Italie ; l'or de Bérenger les tenait hors de ses frontières sans trop pourtant les éloigner; car sa politique , alarmée par l'humeur cliangéante des Lombards, entrevoyait dans ces barbares du Nord, de futurs auxiliaires contre l'hostilité plus 00 moins prochaine de ses propres sujets.
Le midi de la péninsule , livré plus que jamais aux dévastations des Mores , pousse vers Bérenger le même cri de détresse qui na* guère avait ému le cœur de Louis II. La voix de Jean X se mêle a ces cris d'darmes. Bérenger met un prix à son concours dont il sent qu'on ne peut se passer, de prix est la couronne impériale qu'il vient recevoir i Home. Puis, sous les yeux mêmes de lean X, il extermine les
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Mgands dT Afrique dans leur repaire de Cîtrigyno , et déHmre Iltalie de tes Mies désastreux.
Uhigratitude et le parrieide payent Bérenger de œtte briHante Yieteîre et des bieofaits de la longoepaix dont il a fait jouirson petrple.
Dès son retour, an rival nouveao lui est suseilé par les Lombards dans la personne de Rodolphe , roi de la Bourgogne transjnrane , et pea après il meurt Tîctirae d'un làehe assassinat motivé sur le malencontreux appel fait par cet infortuné monarque aux bandes hon^ groises. €e meurtre odieux, commis par un habitant de Vérone, que Bérenger a^ait comblé de ses bienfaits, fut yengé sur la malheureuse Pavie qui, livrée aux barbares, n'offrit hientAt plus qu'un monceau de raines.
Ici les enfants de Bertbe, de cette fille célèbre de la non moins célèbre Waldrade et de Lothaire, vont occuper et dominer la scène.
Une fille de Bertbe, Hermengarde, après avoir poussé son époux, Adalbert d'Yvrée, dans les rangs de Rodolphe oootre l'empereur Bérenger, et prostitué son veuvage à œ jeime et fougueux monarque devenu roi des Lombards, Hermengarde enlace son amant dans les perfides lacets d'une intrigue qui le rejette au delà des Alpes, et livre la couronne de Lmnbardie & un de ses frères utérins^ fils de Bertbe, au trop fameux Hugues.
Félon, hypocrite, parjure, dévoré d'avarice et d'ambition, jaloux et persécuteur de ceux qui l'avaient Mevé au tr6ne, spoliateur du faible par la violence et du puissant par l'astuce, frère ingrat et barbare, tel fut ce roi selon l'histoire, mais non pas selon Liuthprand, dont la partialité n'est point douteuse. Hugues, pour servir sa cupide ambition, outrage la mémohre de celle à qui il doit le jour, renie, persécute et dépouille ses frères, conspire la ruine et la perte des petits-fils de l'empereur Bérenger qui lui font ombrage, et ose devenir répoux de l'impudique Marosie, veuve d'Albéric et de Guy, son frère, monstrueux hymen qui semble lui promettre l'easpire : bon* leux calculs, cruautés odieuses, perfide habileté, qui aboutiront à la déchéance et è l'exil de celui qui avait osé rêver le trône des Césars.
Ce trAne venait d'être vainement offert par Rome a Henri l'Oi- ^leur qui l'avait dédaigné, ou phitAt qui en avait redouté le dé« cevant éclat.
Mais à Henri va bientôt succéder Othon, dont la main paissante ne trouvera pas trop lourd le double poids du sceptre royal de Lom« bardie et du glaive des empereurs d'Occident.