LIVRE II. — CHAPITRE
missionnaires chrétiens , en répandant dans le nord de TEurope les doctrines du christianisme , y jetèrent les germes d'une civilisation dont tant de peuples sont aujourd'hui si fiers » on doit reconnaître aussi que ee même clergé » par trop de puissance et un insatiable besoin d'influence dans les affaires temporelles» causa bien des perturbations parmi les peuples, et neutralisa en quelque sorte , pour cette époque» le bien qu'avaient préparé la science» la sagesse et les vertus de plusieurs de ses membres.
Déjà le clergé de France, par ses trop grandes richesses et son esprit de domination» avait une première fois donné assez d'ombrage h la puissance séculière, pour que Charles-Martel crût devoir le dépouiller d'une grande.partie de ses biens dont il dota ses leudes et ses guerriers les plus fidèles ; aussi le clergé de Lombardie , qui n'avait pas subi cette spoliation» était-il plus riche et plus puissant que le clergé gallican» au commencement du ix' siècle.
Pépin» Gharlemagne et Louis l" cherchèrent à relever» par les dons de leur munificence , l'éclat du clergé français. Gharlemagne établit lesdtmes en faveur de l'Église; ce palliatif, joint aux libéralités des rois et aux dons que le clergé sut tirer des particuliers, répara en partie le mal qu'on lui avait fait. Mais vint Lothaire qui, ayant à son tour besoin des grands, et voulant se les attacher, fit revivre la politique de Charles-Martel : de là ce choc de cupidités et d'ambitions dont l'Europe fut le triste théÂtre dans ces temps calamiteux. Charles le Chauve, Louis le (Germanique, cherchant à empêcher la chute imminente du trêne, voulurent concilier la noblesse et le clergé» et les noir d'intérêts. Inutiles efforts ! on disputait toujours : les Normands arrivèrent, dit Montesquieu, et mirent tout le monde d'accord.
Les Hongrois, par leur invasion , apportèrent le même remède en Lombardie.