‹ Histoire de la conquête de la LombardieChapitre 54 sur 137 · CHAPITRE lîl · texte numérisé non relu

CHAPITRE lîl

Partout l'Italie se bastionne pour s'abriter et se défendre contre les Mores. — La Spodalité en tire profit. — Combat d^astreui pour les chrétiens sous Bart. — Nouvelle expédition de Louis II. — Défection des Capouans» — L'empereur marche contre Capoue et châtie cette ville. — Fâcheuse temporisation. — Bari a le temps d'augmenter ses moyens de défense. — Défaite de l'armée impériale. — Noble altitude de Louis II dans ce revers. — Mort du pape Nicolas. — Sous ce pontife, l'£^^ ac^rolison influence. — Schisme de Photius. — Ëuergie déployée par Nicolas I«r contre ce fléau de l'Église. — Recherche de saintes reliques. — Étrange proposition de l'archevêque de Milan. — La sagesse de Nicolas I« la repousse et la condamne.

ces - 867.

L'insoIenGe et les rapines des Sarrasins, enhardis par l'insuccès de quelques entr^rises de l'emperear Louis » allaient toujours croissant dans le pays de Naples.

Nous avons va que les Lombards , au moment de Vexpédition de Charlemagne , s'étaient emparés de presque toute Tltalie, à l'exception de rexarchat deRavennef du duché de Rome et de la plus grande psfftie des provinces , connues aujourd'hui sous le nom de royaume de Naples.

Les Grecs n'avaient conservé quelque autorité que sur les contrées que n'avaient pas soumises les Lombards. Nous avons vu Rome, plus tard, échapper à la cour du Bosphore.

Charlemagne , ayant mis fin à la puissance des Lombards , ne songea pas à attaquer le duché de Naples et les autres places que les Grecs possédaient encore de ce côté. Bénévent avait même, sous ce conquérant et ses successeurs, conservé pour duc un Lombard.

Ce duc , tributaire des empereurs d'Occident , mais tributaire indocile parce qu'il était fort , aspirait à augmenter sa puissance de toutes les possessions de Naples. Le prince Sicon lY avait été jusqu'à faire payer tribut , en 818 , à ce royaume soumis aux faib^s empereurs d'Orient.

25i PBBMIÈRE ÉPOQUE.

Bénévent serait iofailliblemeDl derenu mattre de Naples même , sans les divisions qui s'élevèrent entre les ducs les plus puissants d'Italie » surtout sans la fatale querelle d'Adelchis et de Sigenulfe. Nous avons vu , depuis cotte double Eaule, fiome et Naples désolées constamment par les incursions des barbares.

Nous avons admiré l'héroïsme de Louis II.

Nous avons vu l'empereur Louis^ à défaut des empeceuis d'Orient, voler plu» d'une fèis au secours de provinees queGonslMitioffple aurait dû secourir, puisqu'elle s'obstinait à s'en dire la maîtresse.

Nau& avons, va l'Italie tout entière se bastionner , élever des tours, créneler ses SHirs autour des<x)uveiits, des chAteaBx » des grandes * et des petites villes : les villages les moins populeux eurent leurs murailles de défense.

Ce fut à cette époque que les populations dîsaémiiiées ie& campagnes 9 livrées à la brutalité » à la barbarie des envahisseurs , cherchèrent un refuge au pied des murs menaçants élevés par les comtes, par les seigneurs. Groupées autour de ces forteresses protectrices à l'approche du péril » abritées derrière ces puissants retranchements et réunies en TarniHe dteis ces tutéhiires retraites qamid édataii l'orage, «des dkwuèfeBt mx grands- un DomaeBa. peestigo, et te géaat de la féodalité fit un pas immense en avant.

Im Mores 9^ pvofltant é» la? maladie fu ^ en 8fi4, ai«t lamené K^mpereur dé Rome duns la Lomfeapdiet vepannrent Fanaéa suivante déns lu Sénéveat , plus terriMes q«e janm. Maiei{mito et^Gundelpert9» goêkddi eu gonvemaar», l'a» da lélèze , YmUre de Botano , dans le duché de Bénévent « aidés par Lamberto , duc de Spalatti, et <Shévarde, comte- de Marsi, daat ib avaient implooèla saoeois ^ alla- ^uèrenO les Mores sur la roote de Bari ou ces brigands retsuroaient chargés de trésors et de dépouHles; raris l^mieni reçot le dioc avec vue' vigaevr telle qu'eite ébranla les tioupes coalisées et. thaagei leur attaque en eemptèle dérouté : le champ de batatUe' fut jonebé de cadavres ; on grand nombre de chrétiens furent traînés eir captivité. Les dea« gastaldi et le cenite de Ghérardo trouvèrent an tpàpss giorieua dhas' cette sanglante lutte * .

' Giulini faitla remarqae qae le faubourg des villes, jusqu'alors appelé, subvrbùit prit eo Italie le nom de sobbargo depuis les fortifications. ' HuRAToai, Ann, d'It., aun. 865.

LIYRB IV. — CHAPITRE Uï. 2&Sr

L'époufante gagna toute la péninsule au récit de ce nouveau désastre : de toutes parts on invoqua l'assistance du nn de Lombardie, en sa qualité d'empereur et de protecteur du premier pontife des chré* tiens. Le mal était immense, le danger pressant ; les progrès des Sarrasins devenaient alarmants pour le nord même de FIbriie; Louis II résolut d'employer toutes ses forces contre ces redoutables envahis* seuTs. Il publie Tédit remarquable * dont nous avons eu Toccasion déjà de rappder les dispositions principales.

Par cet édit, l'empereur règle les cas et les moyens d'exemption pour le service militaire ; le nombre d'hommes propres à la guerre €|ue les comtes et les gastaldi peuvent retenir pour leur service personne ; il prescrit aux abbés et abbesses d'envoyer tous leurs vassaux a l'armée. Quant aux évéques, le décret impérial ne leur prescrit lien , haKtués qu'ils sont pour la plupart , malgré les défenses plu* sieurs fois publiées par les divers empereurs depuis Charlemagne , k prendre eux-mêmes les armes , à marcher à la tète- de leurs vassaux «t à aftrenler le péril de» batailles ; au Surplus , dans cette occasion » c'est la cause de la chrétienté qui se trouve engagée ; c'est presque une guerre sainte, c'est un avaut-coureur des croisades.

A la veille d^une «xari importante expédition qu'il veut mener à terme, et qui, conséquemment , peut longtemps l'occuper loin de la Lombardie, Louis II pourvoit, par le même édit^ aux soins de l'adroinistralioR de ses États pendant son absence. Il nomme trois délégués impériaux. Les contrées situées entre le Tésin et le PA sont confiées à Èriulfe ; celles comprises entre le Tésin et K Adda à Eremberto ; ef les pays entre l'Adda et l'Adige à Landerberto. Ces administratemvsont chargés de pourvoir aux préparatifs de la guerre, et de veiller surtimt h la levée de Tarmée..... L'empereur désigne pour point de rassemUenent, au mois de mars de l'année 866 , la route deRaraunes.

Louis , aceonspagné de l'impératrice , pénètre , au mois de juin , dans le duché de Bénévent à la tète de sa nottbfeuse armée. Il visite le monastère du mont Gassin , où il est reçu avec une grande magnificence ; et il confirflAe tous les privilèges que ce pieux établissement a obtenus de ses prédécesseurs.

1 Balutius, CapU. r$g. Fr., tome II, page 359. ~ PsAXGEnnrf , Frineip* iMtgob^ — MuRAT., Rêr, itah, tome II, part. 2.

2i56 PREMIERS ÉPOQCB.

L'évèque Landolfe vient y rejoindre le monarque avec ki Gapouans dont il est le seigneur. On se souvient que Gapoue, lofs de la dernière expédition de l'empereur, avait manqué de parole, en ne lui envoyant pas les renforts qu'elle s'était engagé à fournir. Louis II tiissimule son juste ressentiment et fait un accueil bienveillant à Landolfe ; mais ne voilà-t-il pas qu'au moment où Louis II se dispose à une attaque décisive contre les Mores , les soldats de Capoue , soit malgré leur seigneur, soit sous sa secrète inspiration (ce qui est plus probable) , désertent tous , les uns après les autres , les drapeaux de l'armée chrétienne l

Landolfe re^te seul au camp impérial * . Cette lâche défection indigne et irrite l'empereur : toute l'armée s'en émeut et demandée marcher contre les traîtres. Cet incident change malheureusement le plan de campagne de liouis II , à qui il importe maintenant, avant d'attaquer l'ennemi, de s'assurer de ses derrières, de tenir en respect des alliés plus que douteux et de les mettre hors d'état de lui nuire. L'empereur dirige son armée vers Capoue , malgré les prières et les remontrances de Landolfe, dont lasincérité lui semble avec raison par trop suspecte.

Le siège de cette place dure trois mois ; enfln lesCapooans, réduits >a merci, subissent la loi du vainqueur. Louis charge Laraberto , dac •de Spoletti, d'en Gniravec cette ville coupable qu'il dédaigne de visiter. -Lamberlo y pénètre avec une partie de l'armée , et la traite en pays conquis. Ce fait d'armes , qui absorbe un temps précieux pour l'eoh pereur, termine la campagne de l'aniiée.

Louis, que la saison des froids a surpris occupé à cette malencontreuse expédition, prend ses quartiers d'hiver dans les pays qui avoi- «inent le théâtre des procliaines hostilités. Il reçoit comme souverain, pendant ce fatal repos, les hommages des ducs de Sakme et deBéné* \ent *, qui l'accueillent avec une grande pompe dans leurs capitales.

L'année suivante , l'armée chrétienne est réunie à Lueera ' en Touille , et se dirige menaçante contre la ville de Bari qu'occupent les Sarrasins. Les partis arabes qu'elle rencontre sur sa route sont Imttus, culbutés, refoulés vers la place. Ces avantages partiels animât

' Erciiemp., Hiii f cap. 32. — Muratori, Ànn. d'It,, lomc Y» page Cl. ^ Dès l'année 853, Àdelehis avait remplace, comme duc de Bcnévent, son frèr« ^adelehU. Mcratori, Ann, d'iL, tome Y, année 854, page 40. * Ou Nocera, année 807.

LIYRB lY. -^CHAPITRE IH. 257

i'ardear des soldats de Louis qui en augurent bien pour Tissue défir nitive de la campagne ; mais Bari, pendant que Gapoue et les rigueurs de l*l)iver suspendaient l'agression de l'empereur , Ban a^ait va s'accrottre ses moyens de défense. Les chrétiens l'attaquent avec vigueur , une égale vigueur les repousse : ils reviennent à la charge plus impétueux, plus affamés de victoire ; la fortune trahit leurs efforts; leurs premiers succès se changent en revers : les musulmans, d'assiégés deviennent agresseurs : secondés dans la ville , secourus du dehors, ils fondent avec une fureur nouvelle sur l'armée de Louis qu'ils entourent, qu'ils pressent de toutes parts avec leurs assauts et leurs caracols. Alerles et légers , ils y vont , comme leurs ancêtres à la bataille de Tours, avec une merveilleuse agilité^; mais plus heureux que leurs devanciers sur les bords de la Loire, ils semblent vouloir prendre une sanglante revanche contre un descendant de Charles Martel. Montés sur de rapides chevaux que fatiguent peu leurs fameux hoquetons rembourrés et piqués, armés de flèches et de leurs zagayas^ ils lassent, ils enfoncent, ils écrasent par leur nombre et la vivacité de leurs attaques, lesgros bataillons lombards couverts de boucliers, de pointes, de javelots, et les mettent en complète déroute. Le désordre de l'armée impériale est au comble : elle fuit, laissant partout la terre jonchée de cadavres, de boucliers, d'armes de tous genres et de fourgons.

Louis, qui sait qu'à l'exemple de Roncevaux un échec peut devenir encore une occasion de gloire, se montre calme et ferme au milieu de ce désastre : il cherche à rallier son armée, et il en conduit les débris jusqu'à Bénévent ^, après avoir tenu noblement tête aux attaques d'un infatigable €«nemi qui le presse sur ses flancs et sur ses derrières, qui cherche même à le devancer pour lui couper toute retraite et l'envelopper , espérant ajouter une tête d'empereur aux sanglants trophées de sa victoire.

Loin de se laisser abattre par ce rude échec, Louis ne songe qu'à le réparer. L'œil iixé sur les remparts de Bari , il appelle à lui de nouvelles troupes, demande des secours à son frère de Lorraine qui se hâte de lever une armée pour répondre à son appel '.

L'empereur , par l'exemple de sa propre énergie , relève le moral

' Mbzerat.

* GitLixi, lome !•% lib. S.

' McRATORi, Ann, d'It,, (orne Y, page 65.

!238 mmftftt Époovï.

de ses solésts, fait passer dans leum Ames mn arieiif besoin de f enger TaSront delà défaite, et attend impatiemment à Bénévent que l'armée des renforts demandés le mette en mesare de raarther encore sur cette place contre laquelle ses premières tentatives ont si cruèllenient éctioné.

Le pape Nicolas I^ ne snrtécnt qoe quelques jours à rannmœ du désastre éprouvé par remperènr : on croit que la défaite de Tannée chrétienne hâta la mort de ce pentile * . Il fut longtemps regretté à Rome où sa charité envers tes malheureux fut aussi grande que sa bonté pour les gens de Men et son inébranlable sévérité à l'égard de €6 qu'il appelait les tnéckants^. Le monde chrétien le regarda comme placé parla Frovidence pour opposer une puissante digue aux désordres du schisme et de l'hérésie. Habile à saisir toute occasion d'agrandir le pouvoir pontificat, il profita des scandales de la cour de Lotbairepoar abaisser les rots au profit de l'autorité du saint-siége. Son zèle pour la répression de ces scandales fut poussé au delà des bornes naturelles de la puissance des pbpes ; mais les monarques laissaient faire. Si quelquefois ils se lassaient de courber leur front couronné de^nt la mitre épiscopale, cen'était'qu'un passager éclair de leur orgueil froissé que le Vatican ou les simples évéques effaçaient aussHdt par l'édat de leurs foudres ; lesceptre des rois ployait ati moindre choc dn bftton pastoral. Que ne devait dés lors tenter le chef des princes de l'Église, le pontife suprême qui jugeait et déposait les évéques, surtout quand celui qu portait la tiare à la triple couronne s^appciait Nicolas P' t

L'aventure deLothaire, par TaCtitude impérieuse qu'y sot prendre le pape Nicolas, prépara les malheurs si connus, pour des causes à peu prés semblables , de Bobert , de Philippe P' et de Hiilippe- Aoguste.

Mais la plus grande affaire de TËgUse à cette époque, edie où Nicolas avait eu à déployer une énergie plus juste et plus légitime, une affaire où il acquit un de ses plus beaux titres de gloire, et qui, encore de nos jours, a son retentissement et ses fâcheuses conséquences, ce fut le schisme de Photius, cette triste origine de la séparation religieuse des Grecs et des Latins.

Saint Ignace, un des fils muUlésde l'empereur Michel Curopàlate

' GiULiNi, tome I«S lib. tf . 11 mourut le 13 noy. 867. » HisL (U VÈgL, B%B., lome V.

Livarrr. «-^OArtn» m. 259

oecufait le étg^ piMarcal de CMrtantifiapley qmnâ Miduî IHy étant parvem en ègt, pfitn de Umte autorité, par les ecMueib de Bariaê^ Thé^iaraf M mèrer i^efane de ThéapkiU. La chaire des patriardM à CoiMtairfiiMple était, afAst que le tr^ne dXhfent, sujette à de9 révoifftiotia fréquentes. Il vint- à Tesprit de Photi« de s'emparer de cette' liavte ^gnilé, de réteveraiihdeftuade la paisianoe des pape» rMaata», et' dé deiiriiier ainsi le monde en se taisant plus grand que ie dominafenr de» étéqnca et des rois.

Pen&WÈB pins qne Photin» n'était fait pour concevoir et réaliser ce- faardf prqef. Uhfstre par sa aiaisMnde et par l'alliance de sa maison ayec le» evperenrs; 4iji paissant anam» grand éeuyer et premier tteciéMre ÂÉtal , pdsaAdant de^ grandes richesses, honune d'une science universeile^ d'une éloqMWie entratnafnle et persuasive, d'un esprit JbwpK et arlifteieffirr ^t cTim génie anssi vaste qu'entreprenant, tel était Fambitleox qnî cMvoitait en silence la diaire dignement occupée par le rertiwux Ignace;

Fne occasion» se piésente... lasdaa, abandonné aux. passions les plus diarotoes, chasse sa? femnie panr vivre publiquement avec une concubine, ci, dans cet état de scandale, se présente un jour de soiemitépoor partietper à la cosnnsnion :. le patriarche Ignace la lui vefane. Béjè^ une paendère fisîa, te saint honune avait bravé la colère de Bardas et de* JUàmif en rafosant de couper le» cheveux et de AMWar l'iMdril auNnetivie à Tiflapérateice Théodora et à ses filles. La nmivelle r&ialance d'Ignace nKt le comble à la fuiaar de Bardas. Fbetiii» pteflCe de oatte irritaliea qai^ift esciie seordement; il gagne Bardas par sa soumission et ses promesses; les évéques sont gagnés à leur tour;, on expulse Ignace, on le relègue dans Ttle de Térébiiithc «n» ponvok obtenir un acte de renonciation à son siège, et on lui 4omie Hietiq» ponr saccesscur , Un laïque, qui n'a encore connu que la guerre et tes intrigues politiques, devient tout à coup patriarche. Le premier jour,, on le fait moine ' ; le second jour, lecteur; le troisfème, êmméiofre; le quatrième, dmcre; le cinquième jour, prêtre; puis enfin patriarche le jour de Noël de l'année 858.

Le pape Nicolas, malgré les protestations perfides de l'intrus, et une ambassade de quatre évéques qne lui envoie l'emperenr d'Orient, prend le parti d'Ignace et excommunie Photius, Taccusant des vio^

* Les moines étaient alors regardés comme faisant partie de la hiérarchie*

260 IPRBlflERB éPOQ|}E.

lences exercées contre le vrai patriarche» et lui reprochant d'tvmr franchi avec une insolite rapidité tous les degrés de la hiérarchie ecclésiastique. Photius répond que saint Ambroise» gouverneur de Milan et à peine chrétien S est arrivé avec plus de rapidité de la positioa d'un simple laïque à la dignité d'évèque; il proteste qu'on lui a fait violence à lui-même en le chargeant du fardeau de l'épiscopat. II excommunie le pape à son tour; le déclare déposé, et proclame hérétiques les évéques de la communion des pontifes de Rome; il prend le titre de patriarche oecuménique, prétendant que, du moment où les empereurs ont passé de l'Italie dans la Grèce , la primauté de l'Église a aussi passé de l'ancienne Rome à la nouvelle *; source première, source intarissable d'illusions et d'erreurs pour les Grecs* et principe de la défection qui les sépare encore de l'Église de Rome : Église ignorante^ écrivait Photius, églùe hérétique qui a Vimpiélé d'à-jouter des paroles au sacré symhoUy qui ose dire que le SaifUrEêprit procède non-seulemenl du Père^ mais encore du Fils! Les autres sujets d'anathème étaient que les Latins se servaient alors de pain oon levé pour l'eucharistie, qu'ils prescrivaient le je Ane le samedi, qu'ils mangeaient des oeufs en carême, et, nouveaux manickéens , qu'ib condamnaient le mariage par le célibat des prêtres; enfin, que leur» prêtres ne se faisaient point raser la barbe. Étranges raisons, s'écrie un historien ', pour brouiller l'Orient avec l'Occident I

Photius , dans ses vues hardies , osa penser à séparer du pap# les évêques des régions soumises à la domination française. L'audacieux Gonthier , archevêque de Cologne , que sa conduite dans les désordre»

' « En 974, Auxence, éviîquede Milan, arien d'opinion, venait de mourir; on » s'était réuni dans la cathédrale pour élire son successeur. Le peuple, le clergé, les D évéques de la province, tous étaient là, et tous très-aiumés. Les deux partis, Jes » orthodoxes et les ariaiM, voulaient chacun nommer révèqoe. Le tumulte aboutit à » un désordre violent. Un gouverneur venait d'arriver à Milan au nom de l'empereur : » c'était un jeune homme; il s'appelait Amhroise, Informé du lumuUe, il se rendit » dans l'église pour le faire cesser; ses paroles, son air plurent au peuple. Il avait » bonne renommée; une voii s'élève du milieu de Téglisc, la voix d'un enfant r » selon la tradition, elle s'écrie : H faut nommer Amhroise évéque! £t séance D tenante, Amhroise fut élevé à l'épiscopat; il est devenu saint Amhroise *, d Bist^ de la eiv. en France, Gvizot, i" vol. 2< leç., page 89.

» Jïtrt. de VÈgL, B.-B., tome V.

* VoLTAiRB, Bist. ginér.

• Saint AmbroiictfUit Gaa^oit II ost néù Ticrfs, ver* Tan MO.

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