‹ Histoire de la conquête de la LombardieChapitre 88 sur 137 · LIVRE II. — * CHAPITRE V\ 8S · texte numérisé non relu

LIVRE II. — * CHAPITRE V\ 8S

Bérenger « prévena à temps des projets hostiles de celui qu'il avait imprudemment appelé à son aide , avait évité la rencontre du roi de Germanie qui le fit vainement rechercher dans toute la péninsule : il attendit dans sa retraite une occasion favorable de se venger.

D*autre part, pendant qu'Arnolphe s'arrête à Milan pour régler le gouvernement de sa nouvelle et facile conquête, Agiltrude, mèredu jeune empereur Lambert et femme d'énergique résolution , se rend à Rome * avec son jeune fils et y proteste contre l'invasion du roi de Cîennanie ; mais son œil clairvoyant a bientôt entrevu les dispositions malveillantes de Formose. Aussitôt elle lève une armée que viennent renforcer des partisans, de Lombardie; elle place sous bonne garde ie souverain pontife et s'apprête à disputer l'entrée de Rome au fils de Carloman.

Arnolphe, à la nouvelle de ces hardis préparatifs, marche avec sort armée sur Rome : il trouve cette ville en un tel état de défense qu'il hésite à l'attaquer ; mais ses soldats , irrités , dit-on , des insultes des Romains , l'obligent à ordonner l'assaut et enlèvent la place de vive force.

Liuthprand donne une singulière et ridicule cause à cette détermination vigoureuse ou plutôt à ce grand résultat.

Cet écrivain raconte qu'un lièvre, étant parti du milieu des rangs des Cièrmains, fut poursuivi par plusieurs soldats ; que ce mouvement ébranla toute l'armée, et qu'on courut dans la direction des remparts «vec de si grandes clameurs , que les Romains épouvantés mirent bai les armes. La ville fut prise, et Agiltrude eut à peine le temps de se retirer avec son fils dans le duché de Spoletti.... Jadis des oies sauvèrent Rome : cette fois , selon le dire de Liuthprand , un lièvre aurait livré à l'ennemi les murs de la ville étemelle.

Arnolphe est reçu triomphalement dans Rome *. Le pape Formose qui , il y a à peine quatre ans , a sacré le fils de Guy comme empereur , pose la couronne impériale sur la tête d'Arnolphe à qui le peuple romain prête serment de fidélité , sauf la foi due eu pape FouiosB !

Ce prince se hâte , après son couronnement , de quitter Rome pour aller assiéger Lambert et son intrépide mère dans Ferme , leur dernier refuse.

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Agiltrude » voyant que toute résistaBce par la force serait nine, se décide i employer l'artifice. Elle gagne un homme de la mite d'Arnolpbe et le charge de donner un breuvage léthargique aa prince ; TeiTet de ce breuvage est tel qu'Ar aolphe reste assoupi trois jours sans ae réveiller ; l'alarme que cet accident eaoae à f armée donne le temps à Lambert et à sa mère de quitter FeroM*

Le jeune empereur retourne en toute hftte à Paviedonl ses partiaaos lui ouvrent les portes. Son premier acte de sonvenÉneté est qd décret qui confère à sa mère , en reconnaissance de ses eoorageox efforts , le cbàtetu de Goîrana et ses dépendances dans le pays de Tortone ^

Arnolpbe, trompé dans ses espérances , lève le siège de Ferme et dirige sa marche sur Pavie ; mais il ressent en route les premières atteintes d'une maladie grave à fakquelle n'est peut-être pas Mrsnger le perfide breuvage d^Agiltmde. Ces souffrances , jointes à la nouvelle que le Nord s'est encore rév<dté , lui font reprendre en grande hâte le chemin de Ui Gennanie, et il laisse à Milan* pour défendre et conserver son autorité , un de ses bâtards , Ratoido ou Raoul , à la tète de quelques troupes dévouées.

Lambert et Bérenger s'étaient secrètement unis contre leur ennemi commun. A peine Amolphe fut-il éloignée , que ces deux princes convoquèrent à Pavie un congrès dan» lequel l'Italie supérieure leur fut partagée , malgré la présence en Lombardie de Ratoido qui , w sentant trop fûble pour lutter contre cette ligue nouvirile, nTosa sortir ie Milan pour prévenir ce sanglant affront.

Bérenger eut les pays en deçà du P6 et ceux en delà de TAdda.

Tout le reste échut à Lambert.

La première pensée du fils de Guy , après ce partage » fut de se prendre maître de Milan.

Ratoido , désespérant trop tèt de défendre cette ville , eut la lAcheté de l'abandonner à Tapi^oche de Lambert. Fuyant devant ui ennemi qu'il aurait pu combattre et peut-être vaincre , il ramène eo Germanie, par la voie du lac de Como^ les troupes que son père aim* iHTudemment confiées à son inexp^ience.

La résistance et les obstacles qu'après cette désertion Lambert reoeoDtra dans le siège de Milan » ne prouvent que trop combien il eût

* GivLiNi, lib. 8, même année.

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