‹ Histoire de la conquête de la LombardieChapitre 89 sur 137 · LIVRE n. — CHAPITKB · texte numérisé non relu

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été facile à Ratoldo de conserver cette Tille à son père. Maginfredo, resté seal a?ec les habitants, osa soutenir le siège. Sa défense fat courageuse, ioDgae, opiniâtre : elle se prolongea depuis les derniers jours de juin 896 jusqu'au 31 janvier de Tannée suivante ^ Souvent rebuté par les difficultés de cette entreprise, Lambert fut sur le point de l'abandonner. Qu'eût donc été cette résistance, si les troupes germaines de Ratoldo avaient uni leurs efforts à l'héroïque constance des Milanais ! Maginfredo, que la cour de Trêves n*osa ou ne put secourir, finit par succomber dans la lutte : vaincu et tombé au pouvoir de Lambert, il fut décapité *.

Les Annales de Fulde et Thistorien Ermami Ctmtrattù ajoutent qu'un fils et un gendre de Slaginfredo furent privés de la vue '.

Contratto fait remarquer que la sentence contre le malheureux comte ou duc de Milan fut non -seulement rendue par Lambert, mais par Bérenger lui-même , dont Maginfredo avait dans le temps secondé la cause. Sans approuver ces cruelles extrémitésoù entraînent les guerres civiles, nous ferons observer à notre tour, pour être juste envers Bérenger , que le comte de Milan avait en dernier lieu abandonné ce prince pour s'attacher à la cause d'Arnolphe.

Landolpke U Vieux ^ est tombé , en racontant ce siège, dans des erreurs d'autant plus inconcevables, dit Giulini, que cet historien ne vivait que cent quatre-vingts ans après cette époque. Selon Landolphe, Lambert aurait paru devant Milan au vi* siècle, et le siège aurait duré dix années*

Cet écrivain, qui se trompe si étrangement et sur l'époque où vivait Lambert , et sur la durée de son entreprise contre Milan , rapporte certaines circonstances que le judicieux Giulini, à part quelques exagérations, admet comme assez vraisemblables.

Il résulterait du récit de Landolphe, adopté par l'historien CaHelsepprio, que Lambert , découragé par la longueur du siège , et désespérant de se rendre mettre de Milan, s'éloignait de cette ville, quand il vit venir à lui un paysan qui lui suggéra un moyen de s'emparer plus tôt de la place ; profitant de cet avis inattendu > le jeune empereur aurait renouvelé ses attaques.

' Gicum, Staria di MUano.

* Ibid, — MuRATOfti, année 897. ■

' GiruMi, tome II, page 6i. — Ybrri, tome I*' , page 114.

^ Landolfo il Vecchio,

88 DBDXIËAIB ÉPOQUE.

Disons d'abord que le récit de cette première circonstance, qui rappelle la situation de Gharlemagne au pied des Alpes et Texpédient qui le tira d'embarras, est considéré par Giulini au moins comme altéré et méritant peu de conHance.

Les Milanais qui, un moment, s'étaient crus hors de tout péril et au terme de leurs angoisses, ne purent, continue Landolphe, se défendre d'une cruelle anxiété en voyant les travaux du siège reprendre avec une nouvelle ardeur, et dirigés de telle sorte que leur défense n'aurait pu longtemps se prolonger. Las de tant de fatigues , de privations et de combats , et à la veille de se voir livrés aux calamités d'une ville enlevée d'assaut , ils se montrent disposés à traiter avec l'armée impériale.

Lambert propose qu'il lui soit loisible d'entrer avec les siens dans la ville pour établir sa conquête et sa possession. Sur la crainte qui est exprimée par les Milanais des désordres que pourrait leur occasionner le séjour de troupes ennemies dans leurs murs , le jeune empereur s'engage à sortir aussitôt après de la ville avec son armée * ; il garantit qu'il ne se commettra , pendant ce court séjour , aucun

' Giulini aurait peut-être repoussé tout cet. épisode et la ruse finale qui, d'aprè< Landolphe , aurait rendu Lambert maître de Milan ; mais notre auteur milanais, en bon citoyen, a voulu tirer parti de l'engagement pris par Lambert de ne pas séjoamer dans la Tille.

« Les habitants, » dit Gialioi,« invoquèrent un usage ancien, d'après lequel il était » interdit à tout empereur ou roi de séjourner dans Milan. Ce droit, d'après quelqoe«^ D historiens, aurait été accordé par Théodose à la prière de saint Ambroisc. »

Giulini croit voir quelques indices de cette prérogative dans les édits de Charles le Chauve et de quelques-uns de ses successeurs.

Les décrets de ces princes portaient ordinairement :

Actum Paviœ, fait à Pavie.

Actum Romœ, fait à Rome.

Tandis que dans d'autres on voit : Actum ad HUanum , près de Milan et non 4 Milan.

Fort de cette découverte , Giulini s'écrie fièrement : « Si Milan n'était pas la lésh- » dence des rois, c'est que celte ville avait le privilège de ne pas loger des souverains » dans ses murs et qu'elle usa de cette prérogative. »

Le comte Verri, qui, pour se montrer franc dans cette question, n'en est pas moins bon Milanais que le comte Giulini , voit une puérilité et une absurdité dans celte assertion. <t L'amour-propre des historiens milanais, o dit cet écrivain, «r souffrait de » voir Pavie , et plus tard Monza, préférées à Milan par les rois d'Italie pour kar » résidence, et ils se sont efforcés d'eipliquer l'abandon de Milan par lasupposiiioK » de l'inexplicable immunité dont cette ville se serait prévalue. »

Cet abandon de Milan doit, selon Terri , s'attribuer à l'eut déplorable ob cette

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