‹ Histoire de la conquête de NaplesChapitre 20 sur 32 · M6] DE NAPLE5. - U\BE YL · texte numérisé non relu

M6] DE NAPLE5. - U\BE YL

Rubicon du moyen âge qui Toyait alors la plus illustre querelle se vider sur son rivage ignoré. D'abord, quelle différence entre les deux armées I Celle de Charles était composée tout entière d'hommes dirigés vers un but commun, réunis par une foi unanime* Partout la croix I la croix dans les mains , la croix sur Tarmure, la croix sur le cœur et dans le cœur I Là, jamais une rencontre, jamais une escarmouche^ jamais une simple marche qu'elle ne fût accompar^ gnée ou suivie de tous les rites catholiques. Toujours des prêtres, des religieux, des évèques, un légat pon^ tifical qui encourage, absout et bénit. Du côté de Mainfroy, nulle marque extérieure de christianisme. On ne voit pas un prêtre dans cette armée ^ L'aum6nier, le confesseur du ûls de Frédéric ne parcourt pas les rangs. Renfermé dans Bénévent, il attend Tissue de la bataille. Quelle place, en efTet, pour la croix, au milieu de tous ces turbans? quel moyen de Caire entendre la parole chrétienne au bruit du nom d'Allah et de Mahomet? Ajoutez à cet immense

' Le camp de Mainfroy retentissait du chant des muezzins , et l'iàlamisme y était publiquement professé comme dans les payft musulmans. Djemaleddin , chroniqueur arabe , qui fut envoyé en ambassade auprès de Mainfroy. Voy. Michaud, BUà. âéê etûiioM, t. IV, p. 367.

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désavantage Tabsence de tout lien pour réunir en faisceau des éléments si divers, si opposés. La nationalité? mais Mainfroy lui-même n'en était pas le représentant véritable; l'intérêt italien n'avait que de faibles soutiens dans ses Germains, dans ses Arabes. Peut-être surtout après la victoire, cette armée aurait-elle pu se croire nationale; mais entamée et à demi défaite, ce n'était qu'un rassemblement hétérogène qui devait se séparer et qui se sépara en effet. D'ailleurs, il faut le dire , car c'est là le fond du débat : pour les hommes du xiii* siècle , l'armée de Mainfroy était une armée païenne en face d'une armée chrétienne. Qui sait si ces esprits, accoutumés au merveilleux, n'avaient pas fini par voir dans cette guerre une lutte surnaturelle des forces infernales et des légions célestes, un combat entre les bons et les mauvais génies^ entre les démons et les anges? En ce moment suprême, une crainte religieuse, superstitieuse si l'on veut, avait dû pénétrer au fond des âmes. Mainfroy lui-même n'avait pu s'en défendre. Un aigle d'argent qui surmontait son casque tomba et se brisa en morceaux. A ce présage, il se sentit perdu; il se tourna vers ses fidèles , et leur dit dans la langue de TÉglise

catholique : Hoc est signum Dei. Dès ce moment^ il ne songea plus à périr en roi; car il venait d'abdiquer sous la main de Dieu. Il quitta les insignes de la royauté et ne voulut plus mourir qu'en soldat. Suivi de Tibaldo Annibaldi , il s'enfonça dans les plus épais des escadrons ennemis et ne reparut plus vivant *.

La perte des deux côtés fut immense, et cependant un des chevaliers* qui assistèrent à la bataille assure qu'il ne périt qu'un seul homme du côté des Français. Dans le langage du temps ^ cela veut dire qu'il ne périt qu'un seul homme de haut lignage, un seul baron \ Selon toute apparence, il veut désigner René de Beauvau , nommé d'avance par Charles d'Anjou connétable de Sicile, qui, blessé mortellement, fut transporté à Naples, et y rendit le dernier soupir, peu de jours après la bataille.

L'armée française se précipita alors sur Béné-

* RiccordaDO Malespina , Istoria fiorentina, c. glxxx. Murât., Script, rer. ital.^ p. lOOi.

* Le père Daniel le nomme Hugues dos Baux, et Tillemont Hugues de Bauçay. Son nom latin eside Baucio,

* Les vieux chroniqueurs, dans leurs supputations des morts et des blessés, ressemblent à ces gens du monde qui, en sortant d'une salle de spectacle, pleine jusqu'au comble, disent naïvement: Ce soir, U n'y avait personne.

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vent. La ville n'opposa aucune résistance; le clergé et le peuple allèrent en procession au-devant du vainqueur en chantant des hymnes; mais ils furent repoussés rudement^et; malgré sa soumission, Bénévent se vit vouée à une destruction immédiate. L'armée royale y avait pénétré à la chute du jour. Une scène horrible se déroula dans ces naissantes ténèbres. Le sang coula à flots. Rien ne fut épargné. Les enfants et les femmes étaient frappés comme les hommes d'un âge viril; les prêtres , les moines comme les citadins. Les religieuses passaient de l'outrage à la mort. Peu s'en fallut que l'archevêque lui-même ne pérît sous ses habits pontificaux. Il était confesseur de Mainfroy, titre vain et dérisoire qui^ loin de le sauver, le désignait à la brutalité des croisés. Les lieux saints ne furent pas plus respectés que les personnes consacrées. On fit des feux de joie avec des portes peintes et dorées, avec des chaires sculptées, avec ces beaux plafonds de cèdre qui décoraient, à la mode byzantine, les églises de Bénévent, magnifiques témoignages de la piété des princes lombards ^

■Glemeiitis P. IV ep: cxsun, ad Garol. reg. Sicil. Marton., lhe$., t. n, p. 306.

[4f6«] DB NAPLES. — LIEVRE YI. 4M

Enfin cette malheureuse ville fut traitée comme un lieu maudit, fille passait en effet, dans le moyen âge, pour un foyer de sortilèges et d'en^ chantements, pour un réceptacle de négromants et de sorcières, qui, la nuit, au clair de la lune^ Tenaient accomplir leurs maléfices autour d'un noyer magique ^ Jadis capitale riche et puissante d'un royaume véritable, sous les noms de prinoi-» pauté et de duché , Bénévent devint alors ce que nous la voyons aujourd'hui : un abîme de misère; bizarre enclave ou plutôt tache dégoûtante dans cette belle et fertile Campanie ; un cloaque pestilentiel , un amas de ruines que domine toujours avec une majestueuse sérénité cet arc de Trajan, qui vit passer sous ses voûtes triomphales tant de religions et de races, tant de vaincus et de vainqueurs, tant de peuples et de dynasties. Charles d'Anjou ne sut pas ou ne voulut pas arrêter le sao^ qui dura huit jours. Au premier aspect, sa con-

* « In tempo de' Longobardi ebbe origine la baja del Noce Bene- « ventano , luogo il più famigerato in Italie presse il volgo ignaroi « che buonamente crede essor quivi il maggior concorso délie stre- « ghe, le quali sopra un caprone, e con una scopa accesa in mano, a vi vengano di notte a celebrarvi i loro notturni lamiali congressi. » StefanoBorgia, Memorie istoriche di Benevento, Roma, 4763, 1. 1, p. «41

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duite semble bien étrange. Comment ne cherchat-il pas à préserver de sa rukie une possession du saint-siége? Mais^ à y regarder de plus près, peut-être cette circonstance suffit-elle pour expliquer sa politique. A Bénévent, la papauté avait toujours un pied dans le royaume et un œil ouvert sur le roi. N'en ayant pu obtenir la possession, Charles ne songea plus à la défendre. D'ailleurs, il ne voulait rien refuser à ses hommes d'armes, surtout au début de la conquête; mais par un contraste que présente plus d'une fois la vie de ce personnage singulier, c'est au milieu du tumulte, c'est au bruit de cette ville prise d'assaut et violée avec tant de rage, qu'il annonça sa victoire au pape, sans jactance, sans emphase, sans aucune de ces images pompeuses qui se retrouvent dans presque tous les documents publics de l'époque. 11 écrivit en peu de mots, dans un langage sobre, calme, contenu, avec une simplicité antique et un bon sens royal. En revanche, il mit dans ses présents la magnificence qu'il retranchait à ses paroles. Pour prémices du butin, Charles I" envoya à Clément IV deux immenses candélabres d'or et le trône de Tempe* reur Frédéric également d'or massif, incrusté de

pierres précieuses et tout ruisselant de perles orientales.

Trois jours s'étaient écoulés depuis le combat de Bénéventy et Charles d'Anjou n'avait aucune nouvelle de Mainfroy. Il le croyait échappé^ lorsqu'un soldat picard y qui s'était emparé du destrier de ce prince , vint à passer par hasard avec sa capture devant les fenêtres de la prison de Gualvano Lancia, du comte Bartolomeo Gesualdo, surnommé le Simple et du Toscan Pier degli Uberti. A la vue du cheval de bataille qu'ils reconnurent aussitôt , les trois gibelins fondirent en larmes et demandèrent avec anxiété au Français « où était le maître de ce chevalj.s'il en était tombé, s'il avait été tué ou fait prisonnier, ou s'il était parvenu à se sauver? » Le Picard, ayant appris quels étaient ces captifs, leur répondit ainsi : « Je vous dirai la vérité : pendant que nous étions aux mains avec l'ennemi, voilà que l'homme qui montait ce cheval se montra, poussant des cris terribles. Il se lança dans la mêlée, suivi d'un autre cavalier beaucoup plus petit, et tomba sur nous avec un tel courage que , s'il avait eu pour le soutenir d'autres braves gens comme lui, il nous aurait battus ou nous aurait du moins donné fort

SOS HISTOIRE DE LA C0NQD8TE [l«M]

à faire. Je tins bon contre ce chevalier^ je firappai son destrier à la tête d'un coup de lance; le destrier f se sentant blessé , jeta son homme à terre ; alors les ribauds le dépouillèrent de ses armes, le percèrent de coups et Tachevèrent. Gonmie son écharpe était très-belle, je Tai prise avec son cheval, et les voici. »

Telle avait été la noble fin de Manfred ou Macht* fried de Stauffen, que les Français avaient coutume de nommer Mainfroy de Sicile. A la vue de ces dépouilles qui rendaient certaine la mort de leur roi, les prisonniers poussèrent de longs gémissements comme des gens fous de douleur. « Hélas I hélas I s'écriaient-ils*, il n'est donc plus, notre roi, notre général, notre seigneur, notre agneau , qui aima mieux mourir avec les siens que de vivre sans eux. Plût à Dieu que la même épée nous eût transpercé le cœur!... » Ils répétèrent mille fois ces paroles

* « ....De ipsius spoliis et porta vi. Tune intra se |;eineDteft et « quasi démentes audiendo facta dieti comités cogitabant : Heu heu c oecisus est agnus , rex^ diix, et dominus no$ter, qui elêgii eum « suis mori potius quam vivere sine ipsis, Amodo vita nostra mon « est dicenda, non vita. Oh utinam unus nos cum ipso gladius pet' « emisseti Et hiec intra se murmura intonantes, nuDquain po(ii»> « runt ultra clamorum spirilus continere : quaerunt tum et iterum « a milite sopradicto.... » Sab. Malasp., liv. UI, c. xm.

[4M6] DB NAPLBS. ^ LIVRE VI. t08

et d'autres semblables^ et rien ne pouvait les eon-» soler. Ils demandèrent encore à plusieurs reprises au soldat français s'il ne reconnaîtrait pas bien Tendroit précis où le roi était tombé; le Picard répondit « qu'il reconnaîtrait et le lieu et le cadavre^ quoiqu'il y eût bien trois jours que tout cela s'était passé. »

La nouvelle de la mort de Mainfroy^ répétée par Tannée entière, parvint bientôt au roi Charles. Il ne connaissait pas le visage de Mainfroy; il ne l'avait pas entrevu dans cette bataille où ces fiers rivaux^ tous deux vaillants chevaliers, ne paraissent pourtant pas s'être cherchés pour se combattre corps à corps. Voulant s'éclaircir de la vérité, il fit venir en sa présence les prisonniers et le Picard, puis, après les avoir entendus , il les envoya tous , avec le comte de Caserte, visiter la place du champ de bataille où le soldat français disait que Mainfroy était tombé. Les cadavres jonchaient encore la terre, Qiarles ayant défendu d'ensevelir les corps avant que celui du prince de Tarente fût retrouvé. Aussi eut-on beaucoup de peine à le reconnaître. La terre était littéralement couverte de morts; il n'y avait pas d'intervalle entre les chevaux et les hommes

étendus les uns sur les autres. Les cadavres humains étaient d'ailleurs tellement déchirés ^ déchiquetés , qu'ils ne présentaient plus que des masses informes. Grâce au soldat picard, on finit par découvrir le corps de Mainfroy; il était moins mutilé que ceux de ses chevaliers. Ses serviteurs qui étaient venus lui rendre un dernier et fatal hommage re* connurent ces traits dont le souvenir nous a été légué par une poésie immortelle. Ils revirent cette noble tête y cette chevelure d'or, ces blessures profondes , et sur ce front gracieux jusque dans la mort, l'horrible cicatrice qui avait fendu en deux Vun des blonds sourcils \ A cette vue, tremblants, éperdus, les prisonniers se jetèrent sur leur maître; ils lui baisèrent les pieds, les mains, en l'appelant le juste, l'innocent qui s'était sacrifié pour les siens et qui les avait aimés jusqu'à la mort. Le fidèle Annibaldi gisait auprès de Mainfroy. Un paysan qui se trouvait là crut plaire aux vainqueurs en insultant le cadavre et en faisant l'atroce bouffonnerie de le placer en travers sur un âne*, conmie une bète morte qu'on va vendre au marché; mais un soldat

* Dante. Yoy. Tépigraphe en tète de ce livre.

• ViUani, 1. VH, c. a.

français y peut-être le Picard lui-même ^ du moins nous aimerions à le croire ; indigné de cette insolence, Técarta et le chassa à grands coups de bâton. Les chevaliers français , par un sentiment généreux, prièrent le roi de permettre que le prince de Tarente fût honorablement enseveli. « Je le ferais volontiers, répondit Charles, s'il n'avait été excommunié. » En effet, ce prince ne pouvait accorder la sépulture ecclésiastique à un homme qu'il n'avait combattu et auquel il ne s'était substitué que parce que cet homme était retranché de la communion. Comme il était impossible de déposer dans une église les restes de Mainfroy, l'armée fit creuser une fosse au pied du grand pont, sur le Calore, y fit descendre le corps , et permit à chaque soldat de venir y jeter une pierre. Les écrivains modernes ont signalé cet acte comme une insulte; mais les contemporains n'ont vu qu'un fait très-simple' dans un usage qui,

* « Formosum igitur corpus Manfredi exanime sublatum est de « ioco exitus, et ibi de prope juxta quamdam ecclesiam ruinosam « in ^)dem campo triumphi cum gloria depositum-Gallicorum, magno « lapiiiorumet lapidum acervo congeritur, condilur, et sine tuff mulo taliter sepelitur. » Sab. Malasp., l. m, c. xiii. Si on objecte que Saba Malaspina était un guelfe , on peut répondre que Dante lui-même regrette pour Mainfroy la sépulture du pont de Bénévent : la grave Mora,

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au surplus y n'est pas aboli. Encore de nos jours, dans quelques localités de Tintérieur de la France, et notamment en Bourgogne, lorsqu'un homme meurt à la suite d'un duel ou d'un suicide, on l'ensevelit à l'écart, loin du cimetière commun, et chacun de ses amis jette une pierre sur sa fosse. On s'est donc mépris sur le sens de ce fait; mais Mainfroy ne put pas même jouir de cette tombe grossière. Bartolomeo Pignatelli, archevêque de Cosenza, nonce de Clément IV, sous prétexte que la dépouille mortelle d'un excommunié infectait une terre pontificale, le fit arracher de la fosse et le fit traîner la nuit, sans flambeaux, jusqu'aux bords du Garigliano. Là il abandonna au vent et à la pluie les os de celui qui fut roi. Voilà le fait vraiment odieux, l'acte digne de réprobation. En enviant à Mainfroy jusqu'à sa pauvre sépulture, auprès d'un pont, sous le ];>aYé d'un grand chemin, le légat obéissait*il à des instructions dictées d'avance par le pape, ou aux inspirations de sa propre vengeance? Nul ne le saura jamais; mais, dans tous les cbé, ce n'est pas Charles d'Anjou qu'il faut accuser. Ici nous derons d'autant plus le défendre que certes nous ne Tépargnerons pas plus tard.

[4S66] DE KÀPLES. - LIVBE VI. S07

Tandis qu'un fanatisme sauvage flétrissait ainsi les tristes restes de Mainfroy, la poésie lui préparait une glorieuse revanche. Huit mois avant la bataille deBénévent, un enfant venait de naître à Florence; >^ <^<* il se nommait Dante Alighieri. Dante protégea la mémoire de Mainfroy; il attendrit et son siècle et la postérité la plus reculée sur cette âme couverte de péchés horribles , mats qui s'était réfugiée auprès de Celui qui volontiers pardonne et reprend tout ce qui retourne à lui; car il ne suffit pas d'une malédiction pour faire perdre à jamais ce qu'on peut regagner par l'éternel amour.

Pourquoi cette indulgence et cette pitié? pourquoi le poëte souverain plonge-t-il Frédéric dans les gouffres de l'enfer et ne soumet-ilMainfroy qu'aux épreuves cruelles, mais passagères du purgatoire? C'est que dans l'un il avait vu l'étranger maître de l'Italie; dans l'autre, le prince presque national, qui avait essayé, quoique en vain, de fonder une Italie. Mainfroy, pour lui, n'est point le Germain, le Souabe, le Hohenstauffen; c'est le prince indigène, Tltalien, l'héritier des Normands; il ne l'appelle pas le fils de l'empereur Frédéric, mais le petit-fils de l'impératrice Constance.

Vains compromis ! efforts inutiles ! Cinq siècles plus tard, un autre étranger voulut aussi créer une puissance italienne. Moins intelligent que Mainfroy, il possédait une valeur trop fastueuse peutêtre^ mais plus haute encore et plus éclatante. Tous deux laissèrent des monuments qui font vivre leurs noms dans les mêmes contrées ; tous deux tentèrent l'essai d'une unité impossible; tous deux périrent d'une mort violente et prématurée; mais bien moins heureux que son précurseur, le Main froy de nos jours ne tomba point armé et libre sur un champ de bataille.

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