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nifesté au général une ardeur et un courage extrêmes et surtout un profond ressentiment des souffrances de sa captivité, montrant avec une sorte de rage la trace des coups qu'il avait reçus pour une tentative d'évasion. Sous sa conduite, les républicains gravissant la falaise étaient parvenus à un point des fortifications qui était mal gardé. Ils pénétrèrent d'autant plus facilement que déjà de fausses patrouilles, déguisées sous les capotes et les chapeaux ramassés sur le champ de bataille du 16, étaient entrées dans la place, en disant le mot d'ordre que David leur avait donné. Les canonniers furent tués sur leurs pièces. Un détachement d'émigrés essaya de se défendre et combattit corps à corps avec un grand courage. Ils périrent jusqu'au dernier.
Le camp retranché établi sous le canon du fort n'avait nul moyen de résistance. Les soldats recrutés parmi les prisonniers rentraient sous le drapeau de la République. Les restes du corps de M. d'Hervilly et des émigrés venus avec M. dç Sombreuil se retirèrent vers Quiberon, au fond de la presqu'île ; le parc d'artillerie avait été placé près du fort, les républicains s'en emparèrent, et une colonne d'environ huit cents hommes s'avança sans obstacle. Il n'était encore que quatre heures du matin ; aucune lutte n'était plus possible; il n'y avait d'autre devoir pour le comte de Sombreuil et les émigrés que de se maintenir assez longtemps pour protéger l'embarquement des débris de cette funeste expédition ; encore ce devoir était-il difficile à remplir.
M. de Puisaye, voyant que tout était perdu, que son autorité n'était pas reconnue, crut qu'il serait plus utile à la cause qu'il servait, en retournant en Angle-
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terre afin d'y continuer ses correspondances, de procurer d'autres secours aux chouans , et de présenter de nouveaux projets. Il se rendit à bord de l'amiral Waren.
Quelques canots furent d'abord chargés des blessés, des malades et des personnes inutiles à la défense. On embarqua le comte d'Hervilly ; les officiers d'artillerie, n'ayant plus de canons, partirent aussi. Dans le commencement de la journée,, les républicains ne s'étaient pas approchés du petit port d'Orange ; l'embarquement se faisait régulièrement mais avec lenteur, car on n'avait encore qu'un ou deux canots.
'Bientôt les colonnes républicaines avancèrent; aucune disposition défensive n'avait été prise : les inégalités de terrain, qui auraient pu donner une chance pour arrêter leur marche pendant quelques moments, n'avaient pu être occupées , puisqu'on n'avait point d'artillerie. Le comte de Sombreuil se retira sous le petit fort de Portai igu en, situé au bord de la mer. Ses troupes s y rassemblèrent en grand désordre; une corvette anglaise, mouillée non loin du rivage, balayait par son feu la plage découverte par où les républicains étaient obligés de passer.
Des cris s'élevèrent confusément du côté des assaillants : — « Rendez-vous; bas les aimes; on ne vous fera rien. » — Alors quelques-uns parmi les régiments venus d'Angleterre, disaient : — « Il faut noua rendre. » — M. de Vauban et ceux qui savaient ce qui se passait dans la guerre des chouans assuraient que les troupes républicaines ne faisaient jamais quartier.
M. de Sombreuil voulut parlementer avec le général Humbert qui commandait l'avant-garde; mais le feu de la corvette empêchait toute communication.