ADMINISTRATION DES FINANCES
tement ; si elles avaient été payées avec régularité , elles auraient encore été insuffisantes. Il y avait déjà six ans que la balance des revenus ordinaires et des dépenses n'avait pas été établie ; le crédit de l'État et le crédit commercial étaient anéantis. Les emprunts étaient impossibles; l'administration payait au comptant tout ce qu'elle ne prenait point par voie de réquisition. On vivait au jour le jour avec des assignats émis èf mesure des besoins.
Le premier rapport de finances qu'entendit la Convention, six semaines après le 9 thermidor \, annonçait que la dépense du mois précédent s'élevait à cent quatre-vingt-treize millions de plus que la recette qui avait été de cinquante-quatre millions. Ce déficit devait donc être comblé par une nouvelle émission d'assignats. Gambon ne régnait plus souverainement sur l'administration des finances : la confiance de l'Assemblée parut se porter sur Johannot, député du Haut-Rhin. Ce fut lui qui dorénavant fut chargé des exposés généraux de la situation financière et des projets proposés pour l'améliorer. Çambon, jusqu'au moment où son arrestation fut décrétée, continua à s'occuper de tout ce qui avait rapport à là dette publique. C'était lui qui avait institué le grand-livre et il restait compétent pour les conséquences de cette vaste opération. Il eut aussi à donner des explications sur divers chapitres de l'administration financière de la Terreur. L'en rendre responsable n'eût pas été juste , mais s'il n'était pas l'auteur de tant de désordres, au moins pouvait-il les raconter rpieux que tout autre.
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TAXES BÉVOUTNONÎUIRE». 423
Une des plus funestes vexations de cette époque f c'étaient les taxes révolutionnaires. Elles avaient été établies par des représentants en mission, par des administrations de département et de district, par des municipalités, par des sections de commune et même par des délégués des commissaires de la Convention. Lq montant n'en avait jamais été versé au compte du trésor; ce n'était point l'administration générale des finances qui en avait réglé ni surveillé l'emploi. Le motif ou le prétexte de ces avances arbitrairement réparties avait été l'armement , l'équipement et la solde des levées en masse ; les secours distribués aux familles des défenseurs de la patrie; les secours donnés à l'indigence et au malheur j les traitements de certains fonctionnaires. Ces diverses catégories, encore qu'assez peu limitées, ne renfermaient pas tQjiteç les dépenses, il y avait un chapitre encore plijs vague de dépenses imprévues et extraordinaires.
Gambon était trop complet révolutionnaire pour blâmer rien de ce qui s'était fait spus le régime de la Terreur* Il présentait donc pour ces taxes l'excuse universelle des circonstances et du salut public ; \\ n'avait pas fallu . disait-il , moins que de telles mqçures pour triompher des ennemis extérieurs et intérieurs de la République. Mais il convenait que les circonstances ayant heureusement changé, on devait arrêter de semblables perceptions , et aviser aux moyen? de s'en faire rendre compte. Il avquait aussi que des fripons avaient profité du bonnet rouge, de la carmagnole, et des grandes moustaches, pour commettre mille vexations; en même temps il prenait ses ^serves contre la réaction» dont il était un ardent