TAXES RÉVOLUTIONNAIRES
adversaire. — « N'accusons pas en masse les citoyens qui ont été chargés du devoir terrible d'exécuter les lois révolutionnaires; craignons de servir les passions. Si nous n'y prenons garde, il se pourrait que, sous prétexte de vols et de malversations , les malveillants ne parvinssent à faire poursuivre et punir tous les agents de la Révolution. Ils pourraient même tenter d'anéantir le gouvernement démocratique, en disant que les citoyens sans fortune sont indignes des fonctions publiques. Ils rallieraient ainsi à leurs projets les classes intermédiaires, puis dirigeraient contre ces auxiliaires la même accusation, s'empareraient exclusivement des rênes du gouvernement, et nous asserviraient.
« Prouvons au peuple qu'on accuse faussement le gouvernement républicain d'être favorable aux intrigants et aux fripons. Si, dans un moment de révolution, il a été commis des vols et des dilapidations, la loi saura distinguer et punir les vrais coupables.
ce Sous l'ancien régime , un courtisan volait à lui seul plus que cent fonctionnaires républicains et s'en glorifiait impunément , sans que personne osât lui en demander compte. » Gambon insinuait même que les fripons sans-culottes étaient des aristocrates déguisés.
Outre l'excuse tirée des circonstances et du patriotisme, Gambon en donnait une autre qui pouvait àervir à presque tous les méfaits de la Terreur. La Convention avait consenti et voulu les taxes révolutionnaires. — « Le 9 mai 4793, vous avez autorisé les sections de Paris à en établir pour effectuer le recrutement demandé pour la guerre de la Vendée. Le 4 3 août 4 793, vous avez approuvé l'arrêté des représentants Bô et Chabot, qui établissait une taxe de