INSTITUTION DU DIRECTOIRE
pbur cela, car elle est inanimée et les pièces qui la composent ne se font pas la guerre entre elles. Elles n'ont ni passions, ni sentiments * Mais quand il s'agit d'une société d'homines* à quel épouvantable hiouvenient se trouvera livrée cette masse agitée par tarit dé passions et d'intérêts divers ! Tant de plaies ; qui saignent encore et qui saigneront longtemps , vous fbfit assez voir quelles sotit lés Suites des changements essayés dans le mécanisme politique j le meilleur mécanicien ne fera rien b'il né calcule pas stii lé* passions des hommes plus que sur leurs lumières. *
Là création du Corps, présenté d'abord coinme un garant de conservation * semblait maintenant à totis l'instrument qui serait employé à consommer les révolutions, ou à les préparer en aidant a la tyrannie. Tous les orateurs proposèrent le rejet du projet de Siéyès ; Eschasaériaux seul y adhérait, sauf amendements et eh supprimant l'attribution qui permettait uii recours contre les jugements des tribunaux. Le jury constitutionnaire fut rejeté à l'unanimité;
îîormis cette grande discussion, qui eut uft caractère èérieux et politique , il y eut peu dé débats sur le projet de la commission. Des brochures et des articles de jourtiàux avaient parlé, dans un esprit plutôt libéral que royaliste, de confier le pouvoir exécutif à un magistrat unique, élu pour Un temps assez limité, souà le nom de régent. À l'Assemblée, la question né fut pas posée; oii agita seulement le mode d'élection des directeurs. Quelques représentants insistèrent "pour qu'on appelât les assemblées électorales à présenter un éâiididat par département; mais cette proposition fut fêpoUssée. La crainte de donner au pouvoir exécutif
INSTITUTION fit? DIRECTOIRE. 187»
l'autorité des suffrages populaires^ d'eu faire un représentant émi nent dé la nation, préoccupait presque unanimement les esprits dahs la Convention.
Déjà on s'inquiétait de ce qu'allaient être les élections; on entrevoyait que les homfnes qui exerçaient en ce moment le plus d'influence dans la Convention , que les républicains d'origine révolutionnaire ne seraient vraisemblablement point placés sur la liste des candidats nommés par les assemblées électorales. Alors le Directoire n'aurait pas pu être une continuation du comité de salut public , comme cela semblait nécessaire pour désister à la Réaction.
Ce motif, tiré des circonstances dtl moment, fit aussi rejeter Un amendement qui fut proposé par Lâfijuinaiset par d'autres; ils avaient compris d'avàiiéè que le conseil des Citiq-Cents , où la majorité conventionnelle serait dominante, présenterait les cinq candidats qu'elle voudrait porte* au Directoire et remplirait lé reste de la liste par des candidats obscurs et ifaadmissiblesi Si la liste de candidature était, au contraire, présentée par le Conseil des Anciens et les directeurs élus par l'autre conseil , les candidats seraient choisis avec plus de sagesse et de bonne foi.
La commission, modifiant son projet; proposa que la liste des candidats fût non pas triple , mais décuple du nombre des directeurs, de cinquante au lieu de quinze.
La discussion dés articles qui déterminaient les attributions et les pouvoirs du Directoire manifesta, mais sans vivacité ni déclamation, cette méfiance du pouvoir exécutif propre à l'esprit révolutionnaire. Quelques membres de la Convention regrettaient, au contraire, que le Directoire ne fût en rien associé à