‹ Histoire de la Convention nationale (volume 2)Chapitre 49 sur 109 · ÉTAT INTÉRIEUR DE LA CONVENTION · texte numérisé non relu

ÉTAT INTÉRIEUR DE LA CONVENTION

leurs menaces; les lettres et les déclarations que Louis XV111 avait rendues publiques aussitôt après la mort de l'orphelin du Temple; les folies que disaient et faisaient les agents royalistes; la couleur d'exagération et de vengeance qu'ils donnaient à la réaction avaient rapproché, dans les comités et dans la commission des onze, les monarchistes timides et irrésolus des républicains raisonnables. La royauté de Louis XV11 avait disparu ; l'expérience et l'adversité n'avaient pas encore rendu les princes émigrés compatibles avec la France nouvelle. La pensée du duc d'Orléans était venue à quelques royalistes libéraux; mais ce jeune prince était alors en Suisse, enveloppé d'une obscurité volontaire, proscrit à la fois par les émigrés et les révolutionnaires. Loin d'avoir des relations en France, il évitait tout contact avec la politique; la seule résolution qu'il eût prise était de conserver ses opinions, de ne point renier les premiers sentiments de sa jeunesse, mais sans consentir jamais à devenir l'homme d'un parti. 11 avait douloureusement reconnu jusqu'où, pour avoir accepté ce joug, son père avait été conduit. 11 n'y avait donc pas à songer à lui.

Ainsi la constitution était une œuvre de transaction où l'esprit révolutionnaire des Girondins avait rallié les royalistes constitutionnels issus de l'Assemblée constituante et de l'Assemblée législative. Les uns y voyaient une place de sûreté contre la réaction, qu'eux aussi commençaient à redouter; les autres mettaient leur espérance dans le jeu des institutions libérales, dans le renouvellement du corps législatif opéré par des élections successives. Ils croyaient avoir conquis des garanties pour la liberté et préparé

Page 1