‹ Histoire de la Convention nationale (volume 2)Chapitre 5 sur 109 · GRIMES DE LA RÉACTION DANS LE MIDI · texte numérisé non relu

GRIMES DE LA RÉACTION DANS LE MIDI

rieux sans mesure et sans frein; qu'ensuite ils avaient été faibles et indulgents , quand il aurait fallu réprimer et punir ces excès.

Isnard et Cadroy ne laissèrent sans doute pas ignorer au comité de salut public ce qui s'était passé à Marseille. La Convention n'en fut pas officiellement instruite; les journaux gardèrent le silence, et il s'écoula même quelque temps avant qu'une parole explicite et directe fît entendre du haut de la tribune qu'il y avait eu un massacre dans les prisons de Marseille. Les assassins qui avaient été arrêtés au fort Saint- Jean, par ordre des représentants, furent relâchés peu de jours après.

Aussi les massacres continuèrent; les plus petites communes de Provence étaient souvent le théâtre d'actes de férocité. Les rues de Marseille et de Toulon furent quelquefois ensanglantées par des assassinats. Un administrateur du district de Sisteron avait été emprisonné après le 9 thermidor; il fut mis en liberté par ordre du comité de sûreté générale; sachant quels dangers le menaçaient, il se cacha chez un de ses parents à la campagne. Les administrateurs qui lui avaient succédé, découvrirent sa retraite et l'envoyèrent prendre; conduit par des gendarmes, il trouva à l'entrée de la ville un rassemblement qui l'attendait ; son escorte n'essaya point de le défendre. On se jeta sur lui; à coups de pierres, de bâtons et de sabres, il fut abattu et laissé pour mort. Des personnes charitables s'aperçurent qu'il vivait encore et le transportèrent à l'hôpital ; les assassins vinrent l'y rechercher, l'enveloppèrent dans son drap et le jetèrent par la fenêtre. Puis on le traîna sur les cailloux du

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