TROUBLES A CHARTRES
deux Jacobins célèbres à Paris étaient venus se présenter aux assemblées primaires; ils avaient été ainsi l'occasion de quelque trouble.
La Convention décréta que, la loi du 1 2 fructidor ne pouvait être appliquée aux détenus arrêtés par décret de la Convention ou par ordre du comité de sûreté générale.
— « Si nous n'y prenons garde , disait Boissy d'Anglas, Pacbe et Bouchotte seront mis en liberté, encore que nous ayons décrété leur mise en jugement. »
Tallien ajouta que toute la France demandait justice de Turreau et des généraux qui avaient répandu des flots de sang dans la Vendée; mais il voulait en même temps le jugement de Cormatin, des chefs de chouans et des assassins du Midi.
Fréron s'étonna que Barère ne fut pas encore jugé ou déporté.
Cette apparente impartialité dans la distribution de la justice ne calmait point la fermentation des esprits. NoiL-seulement les sections de Paris se disposaient à résister aux actes de la Convention ; mais dans les dé* partements environnants, plusieurs assemblées primaires se mettaient aussi en possession de la souveraineté du peuple. Elles y étaient encouragées soit par l'exemple de la capitale , soit par les journaux dont l'audace allait toujours croissant, otf encore par quelques intrigants plus ou moins royalistes, occupés à provoquer des manifestations plutôt qu'à tramer des complots.
L'assemblée primaire de Châteauneuf , département d'Eure-et-Loir, avait donné ordre de se retirer à un détachement militaire envoyé pour maintenir le bon
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mission de cinq membres, spécialement chargée de la surveillance de Paris. » '
— w Lorsque nous allons , répondit Thibaudeau , donner à la France un gouvernement pour lequel elle soupire depuis longtemps, je trouve étrange qu'on vienne nous proposer des établissements éventuels, des formes révolutionnaires, qui retracent le régime atroce auquel nous venons à peine d'échapper. »
On passa à Tordre du jour; mais la commission des onze fut chargée de présenter ses vues sur la nécessité de donner au gouvernement des comités plus de concentration et d'énergie. .
En attendant, on continuait à voter successivement une série de mesures contre les sections. Les comités proposèrent le décret suivant : — r « La Convention déclare nuls tous les actes des assemblées primaires étrangers à leur convocation. — Tout président ou secrétaire qui mettrait aux voix on qui lignerait des articles étrangers à l'objet de leur convocation, sont déclarés coupables d'attentat à la sûreté générale de la République et seront punis comme tels. »
Un autre décret interdisait aux concierges des maisons d'arrêt et de justice, de recevoir aucun individu qui ne serait pas arrêté, soit en vertu d'un mandat d'un officier de police judiciaire , soit d'un décret de la Convention ou d'un arrêté du comité de salut public. C'est qu'en effet plusieurs assemblées primaires s'étaient arrogé le droit d'arrestation.
L'Assemblée, sans être formellement en permanence , siégeait à toutes les heures du jour et de la nuit. Elle avait vote ce décret à une heure et demie du matin le 5 vendémiaire. Deux heures après, elle revint entendre un rapport de Daunpu, qui, saijs donvi. 21
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ner d'inquiétudes vives sur la tranquillité de Paris, annonçait que des rassemblements armés se Formaient dans quelques sections. Il proposait une proclamation aux habitants de Paris.
— « Citoyens, vos frères, les défenseurs de la patrie, ont été rassemblés autour de votre commune pour maintenir la sûreté publique , garantir vos propriétés, protéger l'arrivage de Vos subsistances. Ils n'ont été appelés plus près de vos mui*s que par vos propres dangers. Les ennemis, contre lesquels ils vous défendront, sont le royalisme et V anarchie. La mission des soldats de la liberté est de repousser les attaques des agitateurs; ils la remplissent avec sagesse. C'est seulement sur dès assassins armés contre la patrie qu'ils remporteront de nouveaux triomphes,! Des malveillants veulent ravir au peuple la République dont il vient de sanctionner la constitution , ce dernier devoir de la Convention. » '
Cette adresse était d'un style trop modéré et trop paternel pour plaire aux Montagnards et aux conventionnels irrités. — « Est-ce donner assez de preuves de mollesse? disaient les uns. » — « Qu'un acte de faiblesse, disaient les autres, ne détruise pas l'effet de tous vos actes d'énergie. Si les factieux et les royalistes se rassemblent et prennent les armes, rassemblez et armez les patriotes; il y a, dans le gouvernement, des hommes qui ont peur des terroristes plus que des royalistes. » — Les Jacobins n'obtenaient point la majorité quand leur langage devenait excessif; l'adresse fut adoptée. ,
Mais ils insistèrent pour qu'on armât les patriotes, ou plutôt qu'on sanctionnât la formation d'un bataillon dont ils préparaient lé recrutement. — « Ne