MESURES CONTRE LA RÉACTION
souffrez plus, disait Bentabolle, qu'on les persécute sous le nom de terroristes et qu'on les écarte de leurs sections. Quand ils sauront que la Convention les protège, ils se réuniront autour d'elle pour la défendre. » — C'était précisément ce que craignaient les hommes raisonnables, qui ne voulaient pas exaspérer les sections, ni s'aliéner les honnêtes gens. Legendre, qui n'était suspect ni de royalisme ni de modération , venait de dire : — « Ne souffrez pas que la République soit défendue par des buveurs de feaug. Ne confondez pas lès patriotes avec les terroristes. Vos ennemis ne sont pas nombreux. Dans chaque section , une douzaine d'ambitieux ou de royalistes entourent le bureau et entraînent une douzaine de dupes. Les bons citoyens gémissent de leurs extravagances. »
Ce dénombrement était à peu près exact pour là plupart des sections; il y en avait même qpi restaient dévouées aux opinions républicaines. La section des Quinze-Vingts du faubourg Saint-Antoine vint en assurer la Convention , et le président félicita ces hommes laborieux et de mœurs simples de leurs opinions républicaines.
Il y avait, sur les bancs destiné? aux pétitionnaires, quelques hommes qui ne portaient pas à la République la même affection que les habitants du faubourg Saint- Antoine ; une rixe s'éleva. Un représentant avait entendu un individu dire : — « La Convention ne devrait pas se faire soutenir par une pareille canaille. »
Tallien et Barras assurèrent qu'ils connaissaient cet homme pour un émigré : l'un disait que c'était un ancien officier du régiment de Bourgogne; l'autre, du régiment d'Aquitaine. Quoi qu'il en fût, l'homme