‹ Histoire de la Convention nationale (volume 2)Chapitre 70 sur 109 · RAPPORT DE DAUNOU · texte numérisé non relu

RAPPORT DE DAUNOU

vingt-cinq commissaires délégués par les sections ; ils venaient vous lire une déclaration contre vos comités de gouvernement.

« Vous avez fixé le jour de réunion des assemblées électorales; les sections viennent d'ordonner que leurs électeurs , dès qu'ils seraient nommés , commenceraient leurs opérations, et elles ont requis la force armée de protéger cette réunion.

h Un club électoral servant de centre à quarante assemblées primaires, toutes en permanence, dirige leurs démarches.

« Telle est la série des actes publiés au nom des sections de Paris; tel est le délire qu'on cherche à propager. Mais le caractère des principaux agitateurs inspire une méfiance qui deviendra universelle. Les uns ont affiché longtemps des opinions contraires à toute liberté; les autres ont été courtisans assidus de Robespierre. Cette monstrueuse alliance des amis de la royauté et des partisans de la Terreur ne peut avoir d'autre but que de détruire la liberté par l'anarchie. »

Cela était vrai de quelques journalistes; mais tel n'était point le caractère général de cette sédition. Elle avait pour mobile une aversion passionnée et aveugle pour les hommes de la seconde révolution et le désir de mettre un terme à leur domination. On ne voulait pas être gouverné par leur majorité dans le Corps législatif et par leurs coryphées dans le Directoire exécutif.

Le rapporteur pouvait démontrer facilement que tous les actes, toutes les prétentions des assemblées primaires étaient déraisonnables et anarchiques. Il prit soin d'invoquer les principes de droit public et l'autorité de Rousseau. Daunou était consciencieux et professoral; il espérait que la Révolution était finie ,

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et que la constitution, où il avait pris une grande part, venait d'y mettre un terme, 11 oubliait que les hommes qui gouvernaient la France, et qui lui donnaient une constitution, tenaient leurs pouvoirs d'une série de séditions et d'actes aussi illégaux que les arrêtés des sections. Les doctrines, et ce qui était plus funeste encore , les habitudes anarchiques , avaient été popularisées par les révolutionnaires. Ils aimaient Tordre maintenant, parce qu'ils étaient devenus maîtres; mais ils n'avaient nulle autorité morale pour persuader l'obéissance : il leur fallait l'imposer par la force.

Ainsi Daunou, comme les Montagnards et les thermidoriens, en était venu à convoquer le ban et l'arrière-ban de la Révolution ; il célébrait les vertus du faubourg Saint-Antoine; il voulait rassembler « le bataillon sacré , » demandé si vivement par les Montagnards. Il parlait des poignards des royalistes. — « Votre premier devoir est de défendre cette République menacée dans son berceau; tous ses ennemis se liguent contre elle: appelez à son secours tous ses amis. »

Toutefois il disait , et sa pensée était celle de la majorité: — « Laissons aux malveillants l'affreuse initiative de la guerre civile; mais s'ils osent ce qu'ils méditent; s'ils ont l'audace d'appuyer de leurs armes des rassemblements séditieux ; eh bien ! donnez le signal de la résistance à la rébellion. Qu'alors les sections fidèles viennent se ranger autour de vous ; que la foule des bons citoyens accoure. Patriotes de 1789, hommes du 14 juillet, vainqueurs du 10 août, victimes du 31 mai, libérateurs du 9 thermidor, venez ! placez-vous dans les rangs des vainqueurs de Fleu-

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